
Avec un recrutement alliant fougue et expérience, le PSG a plutôt réussi son mercato tout en conservant ses cadres. Mais dans un style totalement différent à celui des parisiens, les autres cadors du championnat ont également réalisé de grands coups sur le marché. Alors que vaut le recrutement discret des parisiens face au recrutement "bling-bling" des autres grands ? Après 2 mois de compétitions, quels sont les points positifs et négatifs de ce recrutement ?
Le PSG, stabilité et efficacité :
Stabilité, efficacité et discrétion : c'est ce que l'on retient du mercato parisien. Antoine Kombouaré l'avait annoncé dés son arrivée : son but était de conserver les bases de l'effectif en prolongeant les cadres, tout en se renforçant. Ainsi, les Hoarau, Sessègnon, Makélélé et Armand ont prolongé avec le club de la capitale, dans le but de reconquérir une stabilité longtemps oubliée à Paris.
Les parisiens se sont d'ailleurs montrés plutôt discrets lors de ce mercato. De nombreuses rumeurs envoyaient des noms ronflants du côté de la capitale, tels Heinze, Vieira, Trézéguet ou encore Eboué. Mais c'est finalement Grégory Coupet, Mevlut Erding et Christophe Jallet qui ont débarqué. Loin de faire rêver certes, ce recrutement parait toutefois efficace puisque Grégory Coupet, bien qu'il ait peu joué la saison dernière apparait comme un gardien d'expérience, ayant de nombreux matchs internationaux à son actif. Et son début de saison témoigne en sa faveur, puisqu’il a su faire oublier Mickaël Landreau en se montrant plus rassurant dans sa prise de balle.
Auteur d'une excellente saison 2008-2009, Mevlut Erding est venu garnir la ligne offensive où Guillaume Hoarau s’imposait avant le début de saison comme le leader incontesté. Quelques semaines plus tard, la donne est totalement différente : sans Mevlut Erding, le PSG ne gagne pas, que ce soit avec ou sans Hoarau. Il aura donc fallu très peu de temps au turc pour s’imposer autant sur le terrain que chez les supporters. Enfin, les dirigeants du PSG ont misé sur la polyvalence du jeune Jallet, capable d'évoluer aussi bien en défense qu'au milieu de terrain. Inconnu du grand public il y a encore quelques mois, l’ex-lorientais aura montré toute sa fougue lors d’entrées ponctuées de buts et de passes décisives.
Loin des grands noms annoncés par la presse, les parisiens se sont montrés discrets mais efficaces. La stabilité recherchée permettra t-elle aux parisiens de faire la différence sur ses concurrents ? Ou serait-ce plutôt la légèreté de l’effectif qui mènera le club parisien dans le mur, notamment du fait des départs conjugués des Kezman, Rothen et Pancrate ?
L'OM, le grand bouleversement :
A l'opposé des parisiens, les marseillais n’ont pas cherché la stabilité. Malgré le décès du principal actionnaire Robert Louis-Dreyfus et le départ du président Pape Diouf, le club olympien est le club qui s'est montré le plus actif sur le marché des transferts en France, voire en Europe. Tout comme Antoine Kombouaré, le nouvel entraîneur marseillais Didier Deschamps avait annoncé son but d'entrée : modifier une grande partie de son effectif afin de créer une équipe compétitive. Et lui non plus n'a pas menti. Ce sont près d'une dizaine de départs qui se sont succédés du côté de la canebière pour un peu moins d'arrivées ; un mercato spectaculaire donc du côté de Marseille.
Les uns après les autres, les joueurs en fin de contrat n'ont pas été prolongés par des dirigeants considérant l'effectif marseillais trop garni, avec une masse salariale trop importante. Au revoir les Cissé, Wiltord, Zubar, Civelli, Mears, M'Bami, Zenden, Ziani et Cana. Gros bouleversement d'effectif donc du côté de la canebière, mais l'OM n'a pas tardé à renforcer son effectif. A Marseille, les noms des recrues sont un peu plus ronflants que du côté de la capitale. Disposant de moyens financiers importants, les olympiens se sont attachés les services de Lucho Gonzales, Diawara, M'Bia, Heinze, Edouard Cissé, Rool, Abriel, Elinton Andrade. Des recrues qui auront couté plus de 40 millions d'euros. C'est donc plus qu'un grand ménage qui a eu lieu cet été du côté de l'OM.
Très actif sur le marché des transferts, le club olympien apparaissait comme le club le mieux armé de France pour jouer le Championnat et la Champions League. Mais un tel bouleversement de l'effectif sera t-il néfaste au club marseillais, qui s'impose comme l'antithèse d'un PSG qui privilégie lui la stabilité ? Le début du championnat ne nous aura pas éclairé sur cette question, puisque l’OM est bien loin d’être spectaculaire en championnat et est déjà mal en point en Ligue des Champions. De plus, les recrues sont loin de faire un sans faute. Les Diawara, Morientes et surtout Lucho Gonzales sont bien loin du niveau auquel on les attendait en ce début de saison. Sachant qu’à Marseille tout comme à Paris, une crise est si vite arrivée, les olympiens devront vite remonter la pente au risque de voir leur tomber dessus des supporters qui se sont trop vite vu trop beaux.
L'OL, gros investissement :
Le mercato lyonnais a été lancé par un gros évènement : le départ de Benzema au Real Madrid. C'est la fin d'une époque chez les Gones qui, après avoir perdu leur emblématique capitaine Juninho parti pour un dernier contrat juteux au Qatar, perdent leur buteur vedette pour la coquette somme de 35 millions d'euros. Une belle rentrée financière qui aura permis à Lyon et son président Jean-Michel Aulas de frapper deux gros coup durant ce mercato. Pour près de 57 millions d'euros, ce sont Lissandro Lopez (24 millions), Michel Bastos (18 millions) et Aly Cissokho (15 millions) qui ont débarqué dans le Rhône.
Bafoué la saison passé, l'OL a donc voulu frapper un gros coup pour montrer que le lion n'est pas mort. Malgré tout, on peut se demander si 57 millions ne paraissent pas énormes pour ces trois joueurs. Lissandro Lopez est le joueur qui s'impose comme le successeur de Benzema. A 26 ans, le joueur a déjà fait ses preuves en Europe et semble assez talentueux pour s'imposer comme l'un des meilleurs attaquants du championnat. Et ses premières prestations plaident en sa faveur puisque qu’il a tout simplement fait oublier Karim Benzema. Quant à Michel Bastos, son talent est reconnu par tous dans le championnat de France. Figurant parmi les meilleurs joueurs de L1, le brésilien apparait comme un excellent renfort pour les anciens champions de France. Avec déjà 3 buts à son compteur, l’ancien lillois a prouvé à Jean-Michel Aulas qu’il ne s’était pas trompé en s’attachant ses services. Plus discret, Aly Cissokho à parfaitement su s’adapter à l’effectif des Gones et apparait donc comme une bonne recrue, même si la somme déboursée à son égard peux nous faire dire qu’il est surcoté.
Débarrassés de leurs deux plus gros salaires, les lyonnais ont su réinvestir. Jean-Michel Aulas attend désormais de son équipe un retour sur investissement. Et les lyonnais semblent plutôt bien partis puisque qu’ils figurent déjà au sommet du classement après seulement 9 journées de championnat. Mais tiendront-ils le rythme où la succession des matchs que ce soit en championnat, en Coupe de France et de la Ligue, en Ligue des Champions et en sélections viendra t-elle à bout des Gones ?
Bordeaux, le calme plat :
Contrairement aux autres grosses écuries, les girondins eux, se sont montrés peu actifs sur le marché des transferts. Certes, les bordelais ont assuré l'essentiel : transférer définitivement leur meneur de jeu Yoann Gourcuff. Mais niveau des départs et des arrivées, on ne peut pas comparer les bordelais aux marseillais, tant le mercato girondin se place à l’opposé de celui des olympiens. Les champions de France, à l'instar des parisiens, auront donc choisi la technique de la stabilité bien qu’ils comptent tout de même quelques nouveaux renforts.
Les dirigeants bordelais ont réussi à s'attacher les services d'un des meilleurs gardiens du dernier championnat, Cédric Carrasso. On compte aussi l'arrivée du milieu de terrain, Plasil et du défenseur Ciani. C'est tout ce que l'on comptabilise au niveau arrivées. Au niveau des départs, peu de mouvements mais un tout de même très important, celui de Souleymane Diawara. Les girondins ont perdu leur meneur de défense. Cependant, les premiers matchs de Ciani se sont révélés rassurants dans une défense girondine qui semble pourtant moins sereine que la saison passée. On peut aussi compter le départ d'Obertan en direction de Manchester, sans aucune arrivée pour pallier cette perte...
Les girondins se sont donc montrés discrets lors de se mercato. Le début de saison des hommes de Laurent Blanc aurait pu lui confirmer que ce fut une bonne stratégie, cependant, depuis quelques matchs, on observe une panne de régime du côté de la Garonne. A défaut de se renforcer, Bordeaux se serait-il fait rattraper par ses concurrents ?
L'analyse de la situation des cadors du championnat nous a permis de constater que Marseille et Lyon n'ont pas lésiné sur les moyens pour effectuer un mercato de grande classe sur le papier. Mais toute cette agitation ne peut-elle s'avérer préjudiciable pour ces clubs ? Ce début de saison nous aura permis de constater qu’un mercato à plus de 40 millions d’euros n’est pas forcement un bon mercato, lorsque l’ont voit le jeu déployé par l’OM. Du côté girondin, bien moins de mouvements mais Bordeaux dispose déjà d'un effectif capable de jouer les premiers rôles en championnat. Mais on constate cependant que Bordeaux semble moins intouchable que la saison passée, surtout lorsque Gourcuff n’est pas en forme. Dans cette histoire, le PSG ne serait-elle pas l'équipe qui tirerait son épingle du jeu ? Ayant conservé ses tauliers tout en se renforçant, le PSG aurait-il adopté la bonne stratégie ? Ou la légèreté de l’effectif viendra t-elle à bout des ambitions d’une équipe qui semble avoir retrouvé le moral ? Seul l’avenir nous le dira…