
Leparisien.fr propose l’interview de Brice Hortefeux (en complément des déclarations publiées sur notre site) concernant les récentes décisions prises pour la sécurité du football français.
Pourquoi avez-vous décidé de durcir le ton ces derniers jours ?
Parce que les violences ont tendance à devenir régulières. Désormais, nous sommes déterminés à employer la manière forte pour interrompre ce cycle infernal. Ma conviction est que ce ne sont pas des amoureux du foot, mais des cinglés qui viennent là pour en découdre.
En savez-vous plus sur les circonstances de l’agression du supporteur parisien, avant PSG - OM, toujours dans le coma ?
Il n’y a pas de certitudes pour le moment… Tout s’est passé très vite, mais j’ai donné toutes les instructions pour que l’on retrouve rapidement les auteurs.
Dans ce cas comme dans d’autres, la passivité des forces de l’ordre interpelle…
On était sur un dispositif d’ordre public, il n’est peut-être pas encore assez adapté à ce style de débordements. Mais nous allons être de plus en plus sévères. Des consignes ont été données pour procéder systématiquement à des interpellations.
Quelles ont été les mesures prises dernièrement ?
On vient de créer une division de lutte contre le hooliganisme. Ensuite, nous renforçons les effectifs mobilisés. Lors de PSG - OM, 2 250 hommes étaient sur le terrain. J’ai décidé d’envoyer prochainement une mission, en liaison avec la Ligue et les principaux clubs, pour examiner ce qui se passe en Italie, en Allemagne et en Grande-Bretagne. On verra s’il y a des leçons à tirer. Enfin, j’ai donné des instructions précises aux préfets pour qu’ils puissent multiplier les interdictions de stade (IDS).
Combien y en a-t-il actuellement ?
Nous en sommes à 597, dont 199 pour le PSG. Il y a un mois, il y en avait 311. Depuis le début de la saison, il y a eu 531 interpellations, soit 32 % de plus que la saison précédente. Grâce à la toute nouvelle loi sur les bandes, il est possible de procéder à une IDS pour un seul fait. En outre, la loi nous permet désormais de suspendre ou de dissoudre des associations de supporteurs. Nous y travaillons activement. Nous allons passer à l’acte et pas seulement à Paris…
Lors du match OL - PSG, 200 supporteurs parisiens auxquels le club avait refusé de vendre des billets se sont rendus à Lyon et ont pu entrer au stade. Cela est-il acceptable ?
Nous avons découvert deux heures avant le match que 200 personnes arrivaient sans billet. A partir de là, sauf à prendre le risque de débordements en ville, le préfet n’avait d’autre solution que de les parquer dans un coin du stade, ce qui a été fait. Le bon exemple est Lens - PSG. Tout était bien coordonné en amont avec le PSG, et il n’y a pas eu d’incidents grâce au dispositif inédit.
Seriez-vous favorable à l’interdiction des déplacements des supporteurs du PSG jusqu’à la fin de la saison ?
Tant qu’il y aura des risques d’affrontements entre Auteuil et Boulogne, il est impératif que le PSG reconduise la mesure d’interdiction de vente des billets. Quatre matchs nous préoccupent : PSG - Sochaux (demain), Nice - PSG (NDLR : décrété à huis clos depuis cet entretien) , Auxerre - Paris et OM - Bordeaux, la finale de Coupe de la Ligue. La France est candidate à l’organisation de l’Euro 2016. Il est dans notre intérêt commun de démontrer que notre pays est capable d’assurer la sécurité des matchs en toute circonstance.
Etes-vous favorable aux matchs à huis clos ?
S’il faut en arriver à jouer des matchs devant des tribunes vides, on le fera. Cela permet d’assainir la situation. C’est aussi un signe fort. Il est important que des sanctions sportives soient prises parallèlement aux mesures de l’Etat.
Iriez-vous au Parc des Princes avec vos enfants ?
Pour l’instant, je ne les ai emmenés qu’au rugby. Nous ne sommes jamais allés ensemble au Parc des Princes. Jusqu’à aujourd’hui, j’hésitais… Mais avec les mesures que j’ai prises, nous irons certainement !