Alain Cayzac, dans une pĂ©riode aussi morose, on imagine votre joie de voir le PSG se qualifier pour la finale de la Coupe de la LigueŠCÂest un moment de douceur dans un monde de brutes, car notre Championnat est difficile. Etre Ă lÂhonneur en Coupe de la Ligue et atteindre la finale nous offre une grande bouffĂ©e dÂair pur.
La demi-finale contre Auxerre (3-2) ne laisse-t-elle pas des regrets quant Ă vos prestations en Championnat ?
CÂest trĂšs peu comparable. Il est vrai que le PSG ne se caractĂ©rise pas par sa rĂ©gularitĂ©. Nous avons des rĂ©sultats en dents de scie, curieux, voire inhabituels avec notre bon dĂ©but de parcours Ă lÂextĂ©rieur et nos difficultĂ©s Ă domicile. Nous avons eu du mal Ă trouver rĂ©gularitĂ© et Ă©quilibre. Et puis un match de Coupe ne ressemble pas Ă un match de Championnat. Quand on voit les deux demi-finales, on constate que ce sont des rencontres diffĂ©rentes.
Pourquoi ?
Parce que les Ă©quipes jouent plus libĂ©rĂ©es. Il faut un vainqueur. Il y a une certaine pression, mais plutĂŽt une pression positive et jubilatoire. Alors quÂen Championnat, quand on est mal classĂ©, il y a beaucoup Ă perdre. On Ă©volue avec un manque de confiance. On joue parfois pour ne pas perdre en Championnat alors quÂon joue pour gagner en Coupe. ĂĄa donne des matchs plus dĂ©bridĂ©s, plus offensifs. La comparaison est trĂšs difficile Ă faire.
DÂautant que le titre se rapprocheŠLÂattitude est plus optimiste et plus positive. Il y a une rĂ©compense immĂ©diate avec la qualification et la possibilitĂ© de jouer pour un titre. Une finale est un moment important pour un joueur. Alors quÂen Championnat, lÂattitude est plus comptable. En plus, on peut se qualifier pour la Coupe de lÂUEFA, qui, mĂȘme si elle nÂest pas la compĂ©tition la plus noble, est bonne Ă jouer.
On aime Ă dire que le PSG est une Ă©quipe de Coupes. Comment lÂexpliquer ?
LÂĂ©quipe du PSG a toujours Ă©tĂ© atypique, capable de trĂšs grands exploits, de rebondir et de se surpasser quand on ne sÂy attend pas, notamment dans les grands Ă©vĂšnements. Et les Coupes sont des grands Ă©vĂšnements. Elle peut jouer dans lÂeuphorie et ĂȘtre dĂ©cevante sur certains matchs. Elle manque de rĂ©gularitĂ© et se surpasse dans des situations particuliĂšres en jouant avec passion, enthousiasme, euphorieŠ Cette Ă©quipe est trĂšs contrastĂ©e, mais cÂest dans les gĂȘnes du club. Maintenant, jÂaurais un peu de mal Ă analyser cela car ce nÂest pas rationnel. Je suis ravi que la passion des Coupes nous convienne bien mais jÂaimerais que le Championnat nous convienne aussi.
Une Coupe vous fait-elle oublier les problĂšmes en Championnat ?
Ce nÂest pas un petit rayon de soleil, mais un grand rayon de soleil, parce que jouer une finale au Stade de France et avoir une chance sur deux de gagner est un Ă©vĂšnement dans la vie dÂun club. Mais ce nÂest pas Ă la place du Championnat. Ce sont des choses diffĂ©rentes. Une saison qui se caractĂ©riserait par une victoire en Coupe et une trĂšs mauvaise saison en Championnat serait une saison ratĂ©e. Ce nÂest pas un phĂ©nomĂšne de compensation. Il faut ĂȘtre bon dans toutes les Ă©preuves.
Quel est votre pronostic pour cette finale ?
Je nÂen fais pas, par principe. Et puis quand jÂen fais avec mes amis et ma famille, je me trompe Ă chaque fois. Je peux nĂ©anmoins dire que ce sont des Ă©quipes intĂ©ressantes, Ă forte personnalitĂ© et qui drainent un public enthousiaste et fervent. Gervais Martel est aussi un prĂ©sident que jÂapprĂ©cie et qui a beaucoup de mĂ©rite. Il a su dĂ©velopper son club, notamment en mettant la main Ă la poche. Tout cela devrait faire une belle finale. Mais elle ne sera rĂ©ussie que pour le vainqueur.
Foot 365