Parmi les six Ă©quipes de tĂȘte, le PSG est la seule Ă possĂ©der, dans
ses rangs, des doublures totalement inexpérimentées au poste de
gardien. DerriÚre Mickaël Landreau et ses 428 matchs en L1, Apoula
Edel et StĂ©phane Veron (22 ans tous les deux) nÂoffrent aucune garantie
de compĂ©titivitĂ© au plus haut niveau puisquÂils nÂont jamais disputĂ© de
match en L1.
Cette saison, les blessures de Ramé et Valverde (Bordeaux) ou de
Roma et Ruffier (Monaco) sont lĂ pour rappeler lÂimportance de pouvoir
sÂappuyer sur des doublures confirmĂ©es. A Lyon, RĂ©my Vercoutre (53
matchs en L1, 9 en Ligue des champions) pourrait ĂȘtre titulaire dans
nÂimporte quel club de seconde partie de tableau. A Marseille, Rudy
Riou a fait ses preuves depuis prĂšs dÂune dĂ©cennie. A Rennes, Patrice
Luzi (28 ans) a passé trois saisons à Liverpool et a évolué deux ans en D1 belge. Bref, à cÎté de ses concurrents, Paris semble avoir pris un
risque et peut croiser les doigts pour que Landreau ne se blesse pas. «
Cette situation peut paraĂźtre bizarre pour un club comme le PSG,
explique lÂancien gardien Dominique Casagrande. Mais le PSG avait sans
doute dÂautres prioritĂ©s. Et puis, ils ont peut-ĂȘtre eu du mal Ă
trouver quelquÂun en sachant quÂil nÂallait pas jouer beaucoup, mĂȘme en
Coupe. » Car contrairement à la plupart des autres clubs, Landreau est
aligné dans toutes les compétitions.
« Ils peuvent toujours se retourner et engager un bon joker médical »
En misant sur Edel et Veron, le PSG a-t-il tenté un coup de poker ? «
Non, cela ne me choque pas du tout, explique Frédéric Peteyrens,
entraĂźneur des gardiens Ă Caen. Si Paul Le Guen et Christian Mas
(NDLR : entraĂźneur des gardiens du PSG) lÂont
choisi, cÂest quÂils doivent avoir confiance en lui. IdĂ©alement, cÂest
mieux dÂavoir un gardien numĂ©ro deux avec de lÂexpĂ©rience. Mais ce
nÂest pas non plus un gage de rĂ©ussite. Si, un jour, Edel est amenĂ© Ă
garder les cages du PSG, il pourrait bien surprendre. » Le Camerounais,
ancien international arménien, est arrivé la saison derniÚre à Paris.
Depuis, il rassemble lÂunanimitĂ© sur son nom et « donne entiĂšre
satisfaction », selon Paul Le Guen. Il nÂa gardĂ© quÂune seule fois les
cages cette saison. CÂĂ©tait le 12 novembre en Coupe de la Ligue contre
Nancy (2-0), match au cours duquel il nÂa pas eu grand-chose Ă faire.
Selon Casagrande, le PSG a pris un risque calculé. « En cas de coup dur
pour Landreau, ils peuvent toujours se retourner et engager un bon
joker médical, dit-il. Pour un challenge de six mois dans les buts du
PSG, on peut facilement trouver un bon numĂ©ro deux dÂun autre club. »