Kvicha Kvaratskhelia et Marquinhos (PSG) - Crédit : LMDPSG
Journaliste au Point et à Hors Jeu, Adrien Mathieu, plus connu sous le nom de Scipion, a suivi de très près la trajectoire exceptionnelle du PSG cette saison, marquée par une préparation tronquée, la Coupe du monde des clubs et une montée en puissance progressive du groupe de Luis Enrique.
Pour Le Meilleur du PSG, le journaliste revient sur cette campagne historique, analyse les figures clés qui incarnent le renouveau parisien, décrypte la solidité d’Arsenal en vue de la finale de Ligue des champions et partage son pronostic pour cette affiche inédite. Une discussion sincère avec un observateur passionné de football qui voit déjà le PSG prêt à écrire un nouveau chapitre de l’histoire du club.
Comment tu analyses le PSG cette saison ?
« La trajectoire est quand même dingue. Quand tu remets tout dans le contexte, avec la préparation tronquée, la Coupe du monde des clubs et un été très spécial où les joueurs ont eu à peine deux semaines et demie de vacances, tu te rends compte que le PSG a dû repartir presque immédiatement, sans vrai match de préparation, avec déjà la Supercoupe d’Europe, la Ligue 1 et la Ligue des champions. Forcément, ça a donné une équipe parfois un peu à contre-temps, surtout sur le plan physique. Pas forcément dans le jeu ou dans les individualités, parce qu’on voyait toujours des choses, mais plutôt dans la capacité à tenir le rythme sur la durée. Malgré ça, cette équipe a continué à avancer.
Est-ce qu’il y a eu un moment de doute cette saison ?
« Oui, bien sûr. Il y a eu ce petit doute sur le début de saison, notamment sur la capacité du PSG à retrouver ce déclic. Mais finalement, ce qu’il fallait peut-être, c’était être un peu challengé. Les moments difficiles contre Monaco, en Ligue des champions, en Ligue 1, ou encore le rendez-vous de Chelsea, ont servi à faire ressortir le vrai niveau de cette équipe. On a vite vu qu’elle retrouvait son allant offensif, son côté spectaculaire, et sa capacité à répondre présent dans les grands rendez-vous.
Quel regard tu portes sur la montée en puissance du PSG depuis le début de saison ?
« C’est une montée en puissance très intéressante. Quand tu regardes le tableau par la suite, Liverpool, pour moi, c’était le favori. Le Bayern aussi, je le voyais très fort compte tenu de la saison et de sa progression sous Kompany. Donc le fait que Paris arrive à sortir de ce genre d’affiches montre qu’il y a eu un vrai cap franchi. Tu as eu ce match à l’Allianz qui était génial, et le retour a été bien géré avec des choix tactiques très intelligents, notamment pour bloquer Olise et avec un gros match de Zaïre-Emery à droite. Tout ça te dit que le PSG est devenu une équipe de très grands rendez-vous.
Qui a été le joueur le plus marquant selon toi ?
« Pour moi, Vitinha est le MVP de Ligue 1 sur l’ensemble de la saison. J’ai trouvé qu’il était le Parisien le plus fiable, avec le plus de pics de performance. Il a été constant, propre, précieux dans les phases de possession comme dans la gestion des temps forts. En Ligue des champions, je mettrais plutôt Guevara, parce qu’il a été très fort dans la compétition et qu’il a souvent symbolisé cette capacité de l’équipe à monter d’un cran dans les grands matches. Il y a aussi peut-être Nuno Mendes, mais Vitinha reste selon moi celui qui a le plus incarné la régularité.
C’est trop trop grave Vitinha, le mec nous a déjà offert une inspiration de taré sur le premier but, il remet ça avec un enchaînement fou pour encore sauver son équipe
Ça c’est du Top 3 Ballon d’Or
— Scipion (@Scipionista) November 26, 2025
Tu vois Luis Enrique comme un MVP aussi ?
« Complètement. C’est dur de ne pas le citer tout en haut. Son choix après Pochettino et Galtier était intriguant, mais il a réussi à imposer quelque chose de très fort. C’est un coach que j’ai beaucoup apprécié au Barça, et même avec l’Espagne, on voyait déjà sa patte. Aujourd’hui, il fait progresser les joueurs, il transforme des recrues comme Pacho ou Neves en éléments majeurs d’un collectif de très haut niveau. C’est fort de réussir à faire passer des joueurs de bons profils à des références mondiales dans leur rôle.
Comment tu vois Arsenal dans cette finale ?
« C’est une équipe spéciale, parce qu’elle arrive avec énormément de confiance après son titre en championnat. Le fait d’être champion avant la finale leur enlève un poids énorme. Ils vont avoir dix jours de décompression, puis se tourner entièrement vers ce match. Et ça peut faire d’eux l’équipe la plus marquante de l’histoire du club, avec une Premier League gagnée 22 ans après et, potentiellement, une première Ligue des champions. Donc ils vont arriver très libérés, mais aussi très ambitieux.
Qu’est-ce qui te rend méfiant face à Arsenal ?
« Leur solidité défensive, d’abord. C’est une équipe qui n’a pas perdu cette Ligue des champions et qui encaisse très peu de buts. Tu sais que c’est très dur de les battre. Le duo Gabriel-Saliba est bluffant, ils ont des leaders, une vraie organisation, et puis ils savent aussi être dangereux sur coups de pied arrêtés. En plus, sur la fin de saison, certains joueurs comme Trossard, Saka ou même Martinelli ont montré des signes de reprise. C’est une équipe qui peut arriver au bon moment.
Est-ce que c’est le genre d’équipe que le PSG déteste ?
« Oui, un peu. C’est une équipe de blocs très bien organisés, qui peut jouer le contre et exploiter le dos des latéraux. Donc tactiquement, c’est un vrai test pour Paris. Mais ce qui est intéressant, c’est que le PSG a aussi montré qu’il savait faire sauter ce genre de verrou en Ligue des champions. Liverpool en est un bon exemple. Donc je me méfie d’Arsenal, mais je pense quand même que le PSG a les armes pour répondre.
Quelle peut être la clé du match ?
« Les coups de pied arrêtés, clairement. Dans ce type de moment, les petits détails prennent une importance énorme. Les staffs sont aujourd’hui très étoffés, et tout est pensé pour aller chercher les petits pourcentages qui peuvent faire gagner une finale. On l’a vu avec les images autour de l’entraînement, le travail sur les situations de pression sur le gardien, tout ça peut compter. Dans une finale, ce genre d’élément peut basculer le match.
Tu vois un point faible dans l’un ou l’autre camp ?
« Du côté du PSG, on peut parler du banc, même si certains entrants comme Fabian Ruiz ou Barcola peuvent vraiment t’apporter quelque chose. Si le match va en prolongation, la profondeur peut compter. Du côté d’Arsenal, peut-être le côté gauche, où je trouve que Trossard ou Martinelli n’ont pas toujours été au niveau attendu cette saison. Mais on est sur des faiblesses très fines, très relatives. On parle de deux équipes qui arrivent à très haut niveau.
Quel est ton pronostic ?
« Je vois une victoire du PSG, 2-1. Je pense que Paris est prêt pour ce genre de rendez-vous, qu’il a le vécu européen récent et qu’il a trouvé la bonne formule collective. Et je vois bien Guevara marquer, ce qui lui donnerait encore un peu plus de poids dans la discussion autour des grands joueurs de la saison. J’ai l’impression que c’est son année, ou en tout cas sa compétition.