Warren Zaïre-Emery et Didier Deschamps - Crédit : Icon Sport
Après avoir rongé son frein pendant toute la compétition, Warren Zaïre-Emery a vécu un moment particulier en disputant ses premières minutes en Coupe du monde sous le maillot des Bleus.
Visage fermé, sourcils froncés, Warren Zaïre-Emery applaudit chaleureusement la sortie de l’infatigable Manu Koné – sous la menace d’une suspension en cas de carton jaune. Déjà 70 minutes de jeu, la France a fait le break contre le Maroc (2-0) et le titi parisien fait son baptême du feu en Coupe du monde.
Assez étrange d’effectuer ses premières minutes en tournoi majeur en quart de finale ? Pour Didier Deschamps, pas forcément. Oui, on a pu douter. On s’est demandé : « Comment le sélectionneur des Bleus peut se priver d’un des joueurs majeurs de Luis Enrique au PSG ? » Et forcément, on s’est trompé.
Frustré mais jamais résilié
Loin de nous l’idée de faire de Didier Deschamps un « coach visionnaire », mais plutôt celle d’un coach qui a su gérer son effectif. Adrien Rabiot, Aurélien Tchouaméni, Manu Koné, N’Golo Kanté, il y a du monde au milieu de terrain. Et même si les trois premiers sont, à juste titre, devant dans la hiérarchie, « WZE » a su profiter de la blessure du second cité pour grappiller quelques minutes.
Comment ne pas comprendre sa frustration ? Sûrement auteur de sa meilleure saison sous le maillot du club de la capitale, le natif de Montreuil espérait sûrement mieux dans cette Coupe du monde. Titulaire, peut-être pas, mais au moins premier homme à rentrer en cours de match. Ses attentes ne sont malheureusement pas devenues réalité.
Avant les quarts de finale, cinq joueurs n’avaient pas encore eu la moindre minute : Brice Samba et Robin Risser (les deux gardiens remplaçants), N’Golo Kanté, Lucas Hernandez et donc Warren Zaïre-Emery. Mais les choses ont changé, Didier Deschamps a compris. Et comme à son habitude, il gère les frustrations de chacun avec brio.
Premières minutes dans cette Coupe du monde pour Warren Zaïre-Emery 🇫🇷👏 Le milieu des Bleus savoure et reste prêt pour la suite : « Si le coach a besoin de moi, je suis là. »#CDM2026 #FIFAWorldCup #FRAMAR pic.twitter.com/oVCkdKf1K8
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Un joueur attachant
Pour autant, il y a une chose qui ne change pas : Warren. Bien qu’aucun sourire ne lui ait échappé lors de son entrée en jeu, le joueur de 20 ans est parfaitement rentré dans son match. Physique, athlétique, technique, il avait des choses à montrer, voire presque à prouver. Une entrée en jeu qui fait du bien, pour lui, pour les Bleus, pour les supporters.
À l’image de Jean-Philippe Mateta, comment ne pas ressentir de la joie de voir entrer ces joueurs, souvent dans l’ombre, qui ne disputent pas toutes les rencontres mais qui participent à ces exploits collectifs ? Une joie peut-être même un peu plus forte du côté de la capitale, qui voit un enfant du club fouler la pelouse du Gillette Stadium devant près de 64 000 personnes avec le maillot de l’équipe de France.
La dernière sensation forte dans le même style remonte sans doute au capitanat de Presnel Kimpembe sous la tunique tricolore face à la Croatie en 2022. Mais bon, passons, celui qu’on surnomme « Presko » a pris sa retraite et Warren Zaïre-Emery est encore loin d’obtenir le brassard.
« Il faut garder la tête haute »
En tout cas, personne ne sait si le titi parisien aura encore du temps de jeu dans cette Coupe du monde. Aurélien Tchouaméni semble être de retour. Adrien Rabiot et Manu Koné sont en grande forme. Tout reste flou. En conférence de presse à la fin de la rencontre face aux Lions de l’Atlas, WZE n’a pas voulu passer par Quatre-Chemins :
« C’est toujours frustrant de ne pas jouer et de ne pas avoir de minutes. Mais il faut garder la tête haute, le sourire et continuer à croire en soi. Je sais que j’ai les qualités pour être là. J’essaie de tout donner pour le groupe. »
Le message est passé. Et non, les Bleus ne sont pas encore, et ne seront jamais, en finale de Ligue des champions – excusez du peu, Warren -, mais bien en demi-finale de Coupe du monde. L’Espagne ou la Belgique en ligne de mire et peut-être cinq Parisiens, cette fois, sur le toit du monde.
😅 Warren Zaïre-Emery s’est visiblement habitué aux finales de Ligue des champions… pic.twitter.com/G20L15fPuc
— L’Équipe (@lequipe) July 9, 2026