Malgré une double fracture de la main gauche, le milieu du PSG a brillé et marqué samedi. Le symbole de son équipe.

JðRðMY CLðMENT
avait dit un jour qu™il pouvait ressembler à un vieux dans un corps de jeune. Jeudi soir, il a dû se sentir vieux tout court. Vers midi, il s™était donné une double fracture du métacarpe lors d™un tennis-ballon, à l™entraînement. Et les douleurs à la main gauche l™ont empêché de trouver le sommeil. Mais la nuit agitée n™a pas nui. Le lendemain, il se faisait poser une attelle spécifique et l™entraînement à huis clos finissait de le rassurer. Résultat : contre Saint-ðtienne (2-1), le milieu de terrain a vadrouillé partout sur la pelouse du Parc des Princes. « C™est un ambitieux, il aime jouer au foot, il lui en faut plus que ça pour renoncer, a réagi son entraîneur. Je me réjouis de l™avoir aligné et je ne suis pas vraiment surpris de son rendement. Je vous signale qu™il évolue à ce niveau depuis un bon mois. Il s™est bonifié, il a gardé ses qualités défensives tout en réussissant à se projeter plus vite vers l™avant. »

Le but inscrit de la tête, son premier de la saison, récompense sa mutation. Jérémy Clément n™est plus seulement une sangsue propre (un seul avertissement). L™arrivée de Makelele à ses côtés l™a obligé à forcer sa nature, à se montrer plus haut sur le terrain. Et, depuis quelques semaines, il est souvent présent aux abords du but adverse. Il oppose surtout un démenti aux doutes qui pesaient sur lui, y compris chez l™homme qui est longtemps passé pour son protecteur. « La présence de Makelele lui a permis de progresser, même si, c™est vrai, j™ai pu avoir un doute sur leur complémentarité, a avoué Le Guen samedi soir. Tout le monde a le droit de se tromper. »

En début de saison, l™entraîneur parisien était tenté d™installer la paire Chantôme-Makelele. Il s™est ravisé. Au moins, l™épisode a commencé à décoller l™étiquette-sparadrap qui agace au plus haut point le milieu défensif. Le Guen lui a offert sa première titularisation en Ligue 1 (à Lyon), il l™a emmené avec lui aux Glasgow Rangers (2006-janvier 2007), puis l™a rapatrié en France, au PSG. Ce parcours dans les valises du Breton l™a intronisé « l™homme de Le Guen » aux yeux du public. Et, vendredi, au moment de commenter la blessure de son joueur, l™entraîneur parisien n™a pas voulu s™épancher trop longuement sur les dangers d™une longue absence de son gaucher... « sinon on va encore dire que c™est mon protégé », expliquait-il.

ì chaque fois qu™il passe devant la presse, Clément a droit à un chapitre sur son coach. ì vingt-quatre ans, père de famille depuis peu, il aimerait se détacher de cette caricature. La semaine qui vient de s™achever pourrait l™y aider. Elle a rappelé que pour lui comme pour le PSG, les éléments ne sont pas longtemps contraires cette saison. Alors qu™il craignait jeudi une absence de quatre à six semaines pour une mauvaise chute au cours d™un tennis- ballon, Clément a repoussé l™idée d™une opération : jusqu™à consolidation de la fracture, au moins, il sera l™homme qui résiste à la douleur. Le symbole d™un PSG qui dépasse ses limites.