HIER MATIN, au camp des Loges, Mateja Kezman, 29 ans, a répété les gestes du buteur. Frappes, reprises de volée, lattaquant serbe sest attaché à trouver le cadre sous loeil attentif de Paul Le Guen. Un indice supplémentaire de sa titularisation demain soir face à Nantes ? Sûrement. Le Guen sy est engagé et paraît désireux de tester un joueur de sa trempe dès le coup denvoi.
Justement, cest au camp des Loges que Kezman apprend à connaître ses nouveaux partenaires. Claude Makelele, qui la côtoyé lors de la saison 2004-2005 à Chelsea, la déjà invité à déjeuner et il est fréquent de voir les deux hommes converser lors des séances de footing. « Il parle beaucoup avec les mecs qui maîtrisent langlais. Mais il fait aussi des efforts pour échanger en français, ce qui nest pas évident, témoigne Jérôme Rothen. Son intégration se fait correctement. »
« Seul Dieu peut me juger »
Celle-ci devrait saccélérer en début de semaine prochaine. Dès lundi, le joueur des Balkans va quitter son hôtel pour emménager dans un appartement situé à Paris, aux abords du Parc des Princes. Dans la foulée, sa femme, Emilija, et ses trois enfants, actuellement scolarisés à Belgrade, le rejoindront. Pour ce féru dhistoire, vivre à Paris relevait dune immédiate nécessité. Peu de Parisiens sauraient dire que lhôtel Meurice était le siège de la Kommandantur pendant loccupation allemande. Lui le sait. « Il ma confié quil se trouve dans la ville de ses rêves », raconte un ami serbe en visite voici quinze jours.
Mais Kezman cache aussi un épicurien. Grand amateur de restaurants de poisson quand il vivait à Istanbul, il a déjà déniché quelques adresses dans la cité parisienne. Pour le reste, son entourage le décrit comme un être discret et relativement casanier. « Il est dans sa bulle, un peu renfermé. Tous les buteurs sont un peu pareils », confirme Rothen. « Mais attention, il sait quà Paris tout monde lattend sur sa capacité à marquer des buts et il adore ça », commente son ami. Le Serbe, qui a tatoué sur son avant-bras « Seul Dieu peut me juger », a déjà compris quen cas déchec le public parisien naura pas le pardon facile.
Le Parisien