On l'attendait impatiemment. Arrivé avec son titre de meilleur buteur de Ligue 2 pour succéder à Pauleta, Guillaume Hoarau ne s'est pas encore imposé comme l'avant-centre indispensable du PSG. L'ancien Havrais a très peu pesé sur l'adversaire monégasque, qui a finalement remporté la mise en fin de rencontre (1-0), dans ce choc de la 1ère journée de Ligue 1. Soutenu par Sessegnon ou suppléé par Kezman (qui va arriver), le Réunionnais, 24 ans, a encore du temps pour confirmer tout son talent.

"J'espère arriver très vite au PSG, ce serait fantastique". Mateja Kezman a confirmé, dimanche matin dans les colonnes de L'Equipe, qu'il était bien d'accord avec les dirigeants parisiens mais que son club, le Fenerbahçe, négocie toujours les conditions financières du prêt. L'arrivée du Serbe sera un apport significatif en attaque. Car au terme de la première journée de Ligue 1, samedi soir, et une défaite à Monaco (1-0), Guillaume Hoarau, courageux mais sans influence, n'a peut-être pas encore l'étoffe pour remplacer au pied levé Pedro Pauleta.

Trop seul en pointe

A 24 ans, le Réunionnais a effectué son baptême du feu dans l'élite. Son gabarit, son sens du but, mais également son altruisme lui ont permis de survoler la Ligue 2, la saison passée, marquant un total quasi-record de 28 buts en 38 matches. Acheté dès l'hiver dernier, Hoarau fut la première recrue du PSG lors de la reprise et a donc bénéficié d'une préparation physique suffisante. Pourtant, Claude Makelele, son capitaine, lui a répété la célèbre phrase signée Aimé Jacquet pour Robert Pires: "Il faut muscler ton jeu". Le conseil valait pour les rencontres de pré-saison, qui n'auront jamais opposé les Rouge et Bleu à une formation de Ligue 1.

Et il est vrai que l'attaquant de 24 ans fut bien muselé par François Modesto et les défenseurs monégasques. Le longiligne attaquant a fait preuve de beaucoup de volonté, se donnant sur chaque action. Mais son placement est encore trop aléatoire pour pouvoir être opportuniste dans la zone de vérité. Pire, il ne fut jamais dangereux, à l'exception de deux petites fois. Profitant du claquage en pleine action de Cufré, Hoarau s'enfonçait côté droit mais son tir était trop croisé (21e). Une heure plus tard, il s'envola dans les airs pour tenter une reprise de volée improbable (70e). Vraiment dérisoire pour l'unique avant-centre de la formation de Paul Le Guen.

Avec Sessegnon, Kezman ou Giuly ?

Sur la pelouse du Stade Louis-II, il fut soutenu par Fabrice Pancrate, étonnamment percutant. De retour de prêt de Sochaux, l'ancien Manceau possède un profil intéressant puisqu'il est capable de compenser les défaillances à quasiment tous les postes offensifs. L'attaque fut bien emmenée pendant 45 minutes de jeu par Ludovic Giuly, déjà énergique sur son aile droite, contrairement à Jérôme Rothen, étrangement éclipsé par l'arrivée de son ancien coéquipier de l'ASM 2004. Lors des derniers matches amicaux, l'ancien Romain avait offert de bonnes perspectives à Le Guen en évoluant en soutien d'Hoarau.

Giuly devrait tout de même se contenter de son rôle d'ailier, puisque contre Bordeaux, Stéphane Sessegenon fera enfin ses débuts. Suspendu contre Monaco, l'ancien Manceau s'est déjà imposé comme le leader offensif de son équipe, de part son activité phénoménale dans l'entrejeu et ses percées ballon au pied. Hoarau aura donc d'avantage de soutien, la semaine prochaine au Parc. En attendant, Mateja Kezman pourrait donc débarquer dans la capitale, permettant à Hoarau de se libérer du rôle de buteur attitré de son équipe. Le nouveau numéro 9 parisien aura le temps de muscler son jeu, même si cela passe par un rôle de remplaçant temporaire.