CETTE SAISON, PEGUY LUYINDULA vit une histoire particulière avec Nancy en général et André Luiz en particulier. En Championnat, c™est au stade Marcel-Picot (1-1, le 5 octobre) qu™il avait retrouvé une place de titulaire avec le passage en 4-3-3 (il évoluait dans le couloir gauche). Hier, c™est encore face à l™équipe lorraine qu™il a eu le droit de débuter un match. Ce droit, il l™avait perdu depuis le retour du 4-4-2 à Nice (0-1, 12e journée). Principale victime de ce nouveau changement tactique, Luyindula sait au moins saisir sa chance. Hier, il a inscrit un magnifique doublé sous le nez d™un André Luiz déphasé. Et rappelé une évidence : derrière Hoarau, le meilleur attaquant parisien du moment, c™est lui.

L™ancien international n™avait plus marqué deux fois dans un même match depuis le 3 décembre 2005, quand, avec Auxerre, il avait écrasé Nantes (4-0). ì l™époque, il guignait encore un retour en équipe de France. Aujourd™hui, l™international sait qu™il est un ex-bleu. Mais il savoure sa forme revenue et la justesse de son choix à l™intersaison. Cet été, il aurait pu quitter Paris. Il a choisi de rester alors qu™il ne constituait, à cette période, que le quatrième choix de Le Guen. Utilisé en tout une vingtaine de minutes en août, il semblait parti pour une saison de souffrance. Mais il a lentement émergé, saisissant chaque bout de match à sa portée. Avec le doublé d™hier, il porte son total à quatre buts toutes compétitions confondues. Car l™ancien Lyonnais a aussi scoré en Coupe de l™UEFA, à Kayseri (2-1), et en Championnat, à Marseille (4-2), lors d™un match où il se montra presque aussi éblouissant que Hoarau.

« J™ai toujours compté sur lui, a rappelé Paul Le Guen hier après la rencontre. Il va de mieux en mieux, il se bagarre... J™aime bien le bon Peguy, et dans mon esprit il a toujours été candidat. Ce n™est pas parce qu™il avait fait de mauvais matches qu™il était sorti. Des fois, vous avez le choix entre de bons joueurs, et il y a des victimes. »

Kezman, malgré sa passe décisive, n™a pas vraiment marqué de points hier. ì l™inverse, Luyindula a rappelé qu™il méritait mieux qu™un strapontin. Il pouvait savourer ce retour : « Je n™avais pas joué contre Lille (1-0). Ce soir, j™avais un peu de jus (sourire). » L™homme qui avait provoqué le penalty décisif en finale de Coupe de la Ligue la saison passée (2-1 contre Lens) a en tout cas démontré qu™il était décidé à s™accrocher à tout, y compris à son trophée.