Pour mieux savourer son bonheur, il faut savoir se rappeler dans quel état on se trouvait un an auparavant. Fin 2007, malgré un succès à Saint-Etienne (1-0), le PSG avait terminé l™année à la 17e place. A quelques jours de Noël, c™était surtout l™avenir du club en Ligue 1 qui commençait à s™assombrir. Aujourd™hui, les vents mauvais ont disparu. Et les cauchemars de relégation ont laissé la place à des rêves de Ligue des Champions.

Pour la première fois depuis trois ans, la trêve hivernale ne sera pas l™occasion pour les parisiens de fuir les regards moqueurs et réprobateurs. Puisque Lyon s™est imposé hier soir à Caen, le PSG n™a aucune chance de revenir à hauteur du leader lyonnais. Mais ce n™est pas ce qu™on lui demande. Du moins pas encore. Juste avant de boucler les valises, Makelele et ses coéquipiers vont simplement chercher à rester à portée du podium. Ou à monter dessus en cas de contre-performance de Bordeaux ou Marseille aujourd™hui.

« Nous n™avons fait qu™une bonne partie de saison et ça ne rapporte rien »

L™objectif parisien est plus que réalisable car Valenciennes, actuellement relégable, ne possède que peu d™arguments pour faire trembler le PSG. Dans le Nord aussi, il y a eu du changement en un an. Mais dans l™autre sens : fin 2007, Valenciennes pointait à la 6e place et Antoine Kombouaré apparaissait comme un possible remplaçant de Paul Le Guen¦ à Paris. Aujourd™hui, Kombouaré n™est même pas sûr de finir la saison sur le banc valenciennois. En foot, les destins se font et se défont toujours plus vite qu™ailleurs.
Mais la prudence naturelle de Le Guen, doublée de sa longue amitié pour Kombouaré, fait que le discours de l™entraîneur parisien est logiquement empreint de respect. « Je crains ce match car Valenciennes va faire une meilleure seconde partie de championnat, estime le coach de la capitale. Cette équipe s™améliore même si cela semble moins flagrant que nos propres progrès. »
Paradoxalement, tout est peut-être trop beau en ce moment pour le PSG. La fin de match de rêve, jeudi face à Twente (4-0), a distillé une douce euphorie chez les supporteurs. Et les cadres de l™équipe s™inquiètent d™une possible contagion jusque dans le vestiaire. « Il n™est pas incompatible de se réjouir tout en restant tranquille, prévient Le Guen. Nous n™avons fait qu™une bonne partie de saison et ça ne rapporte rien. L™an dernier, on a souffert mais on a gagné la Coupe de la Ligue et joué la finale de la Coupe de France¦ »
Durant la première partie de championnat, Paris a pourtant su habilement se faire oublier dans le lot des prétendants aux premières places et laisser croire qu™il ne visait qu™un bon maintien. Mais cette posture ne tient plus. De nouvelles et légitimes ambitions s™ouvrent pour le PSG. Dès cet après-midi, Paris, qui alignera son équipe type, devra assumer son nouveau statut. Si les parisiens y parviennent, Noël aura un vrai goût de fête¦
Le Parisien