Le PSG se déplace sans Hoarau, blessé. C™est une première pour lui cette saison en L 1.

POUR LE PSG, les deux changements décidés à l™heure de jeu contre Bordeaux, mercredi (0-3), ont vraiment fait des malheureux : Kezman, qui a manifesté son mécontentement avec la verve que l™on sait, mais aussi Hoarau, très déçu de quitter la pelouse. On sait maintenant pourquoi l™ancien Havrais était de mauvaise humeur. Il souffre d™une entorse du ligament latéral interne du genou gauche. « J™espérais qu™en l™épargnant contre Bordeaux on puisse le récupérer, car c™est un joueur très important sur le terrain », a reconnu Paul Le Guen, qui espère récupérer le joueur pour la réception de Saint-ðtienne le 14 février.

Le forfait de Hoarau n™est pas une défection anodine. C™est même la pire qui pouvait tomber sur le PSG. Depuis son arrivée, l™ex-meilleur réalisateur de la L2 (28 buts la saison passée) s™est rendu indispensable. Jusque-là, il figurait parmi les trois joueurs de champ systématiquement titularisés en championnat (avec Ceara et Camara). Et son arrivée a radicalement transformé le jeu parisien. Au-delà de son apport en tant que buteur, le réunionnais est un excellent point d™appui. Un très bon joueur de tête, qui est devenu la destination préférée des longs ballons dégagés par Landreau.

Avant Hoarau, ces relances aériennes finissaient en général dans les pieds adverses. Depuis Hoarau, elles constituent un excellent moyen d™atteindre la moitié de terrain adverse en prenant le minimum de risques. La procédure d™approche peut sembler simpliste, mais elle est efficace. Très disponible, plutôt rapide, l™actuel meilleur buteur de L1 (13 buts, à égalité avec Gignac) est particulièrement complet. Car c™est également un excellent défenseur, qui détourne de la tête la moitié des coups francs et corners adverses.

Paul Le Guen n™a pas de remplaçant du même profil en magasin. Le forfait de Hoarau, combiné à la mise à pied de Kezman, pointe d™ailleurs la maigreur de l™effectif parisien : parmi les dix-neuf joueurs convoqués figurent Gaëtan Charbonnier (20 ans), Tripy Makonda (19 ans) et Maxime Partouche (18 ans), qui totalisent, à eux trois, quatre apparitions dans le groupe, et zéro minute de jeu en L 1.

Sans Hoarau, Paris sait que sa marge s™amenuise considérablement. Dès lors, il a deux options : ne rien changer des pratiques habituelles, et prendre le risque de perdre un maximum de ballons. Donc subir le poids du match. Ou bien varier les relances, construire le jeu sur des bases plus courtes, à partir des défenseurs. Le risque, alors, serait d™égarer quelques ballons au milieu. Donc de s™exposer aux contres. De toute façon, pour Paris, le moindre voyage sans Hoarau paraît extrêmement risqué.