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Jeudi dernier, Carlo Ancelotti recevait dans son bureau du Camp des Loges, Le Figaro afin de faire un premier bilan de ses trois premiers mois dans la ville lumière et d'évoquer l'avenir parisien.

 

 

A quelques heures du choc entre le PSG et l'OL au Parc des princes, Ancelotti se souvient de ce match fou à Gerland (4-4) et ces 3 buts en 5 minutes « C'était un match incroyable, car ce n'est pas facile de revenir de 2-2 à 4-4. Je pense que le prochain sera différent et qu'il ne finira pas à 4-4. Cela devrait être plus maîtrisé. Dans ma carrière, j'ai pris seulement une fois trois buts en six minutes! C'était en 2005, en finale de la Ligue des Champions avec l'AC Milan contre Liverpool (mené 3-0 à la mi-temps, le club anglais était revenu à 3-3 avant de s'imposer aux tirs au but). Ce n'est pas vraiment un bon souvenir (sourire)… »

 

Le coach italien revient ensuite sur cette incroyable capacité à renverser des situations en toute fin de match, un signe fort pour lui : «  C'est important pour la personnalité de cette équipe. À Dijon, par exemple (succès 2-1), on a montré beaucoup de caractère en gagnant en infériorité numérique. C'est un signe que, dans cette formation, règne une bonne ambiance. J'ai repris le système en 4-4-2 que les joueurs connaissent bien. C'était plus naturel. Mais je pense que l'on rejouera avec une disposition en «arbre de Noël». Je suis content de travailler ici. On était en tête quand je suis arrivé. On l'est encore aujourd'hui. On a essayé de changer un peu le jeu de l'équipe. J'ai une forte responsabilité pour gagner le titre. Ce ne sera pas facile, car Montpellier est une équipe bien organisée avec un jeu naturel. Ils jouent ensemble depuis longtemps. C'est pour cela qu'ils sont très compétitifs. »

 

Ancelotti évoque dans un troisième temps le cas Javier Pastore : « Pastore a la capacité pour devenir un joueur fantastique du PSG. Il a besoin d'espaces pour exprimer ses qualités. Il peut jouer dans toutes les positions en milieu de terrain. Ce n'est pas un problème pour lui. Il a été blessé pendant un mois, il n'est pas encore au top physiquement, mais il va retrouver son meilleur niveau très vite » avant d’enchaîner sur le niveau de la ligue 1 et l'affluence dans les stades : «  Les équipes sont fortes défensivement et bien organisées. C'est difficile de marquer. La L1 est un championnat compétitif et tactique, comme en Italie. Le jeu est plus fermé qu'en Angleterre. Là-bas, le rythme est plus élevé et on voit souvent des équipes l'emporter 7-1. C'est impossible chez vous. En Angleterre aussi, l'ambiance est fantastique. Il n'y a pas de violence. En Italie, elle est toujours présente, et les enceintes sont vieilles. Je trouve en revanche les stades français plutôt beaux et souvent pleins. À l'image du Parc des Princes. L'ambiance y est très bonne. C'est aujourd'hui la maison du PSG. Je pense qu'il le restera après l'Euro 2016.»

 

La question du recrutement est inéluctablement posée et la réponse d'Ancelotti, toujours intéressante. Il veut un recrutement intelligent permettant d'allier jeunesse, enthousiasme et expérience, conservant de surcroît une bonne touche française : « Pour le futur, l'épine dorsale doit être française. C'est important. Mais nous voulons acheter de très bons joueurs, qu'ils soient italiens, brésiliens ou français… On veut améliorer l'équipe avec un mélange entre des jeunes qui apportent l'enthousiasme et des éléments expérimentés. Aujourd'hui, on ne pense pas à un secteur en particulier, même si nous recherchons un grand attaquant. Son profil: plutôt un jeune de talent. »

 

Il évoque sa vision du management et les relations avec les joueurs : « J'aime mes enfants avant tout (rires). Je respecte mes joueurs. J'aime entretenir de bonnes relations avec eux. J'aime leur parler et leur expliquer ma conception du football. La psychologie est capitale, plus que le travail tactique. Il faut avoir la capacité de garder ses troupes le plus motivées possible. Et ce n'est pas facile de dire à un joueur qu'il ne va pas jouer. »

 

Enfin, il parle de l'avenir qui se profile à l'horizon pour lui, Sakho et le PSG : « Sakho est capitaine aujourd'hui et il le sera dans le futur.

C'est un club ambitieux, jeune, qui cherche à s'améliorer. Avec le mercato d'hiver, on a déjà rattrapé notre retard. On a les moyens d'être compétitifs dès l'année prochaine en Ligue des champions. Mais toutes les équipes en Europe rêvent de la gagner. Ce ne sera pas facile.

Mon contrat se termine en 2014, et j'espère le prolonger, mais cela dépendra naturellement des résultats de l'équipe. En tout cas, après trois mois, je suis content d'être ici. Il y a beaucoup d'enthousiasme. »

 

Visiblement heureux et résolument tourné vers l'avenir qu'il espère en rouge et bleu, Ancelotti a su apporter à l'équipe une force d'équipe et un mental d'acier.