J-4. Entraîneur du PSG pendant deux saisons (99-01), Philippe Bergeroo se remémore les souvenirs du clasico. Le sélectionneur des moins de 16 ans revient également sur son récent accident en Turquie. Philippe, vous êtes finalement revenu sain et sauf de Turquie¦
Tout le monde est rentré. Il y a eu un grave blessé, Harry Novillo (joueur de l™OL), qui s™est fait opérer à son retour. Il va récupérer et pourra rejouer dans peu de temps. Certains des joueurs ont eu besoin d™avoir un accompagnement psychologique dans leur club. Il faut faire sortir cet événement de la tête. Vous n™êtes pas passé loin alors¦
Oui, on a eu beaucoup de chance. C™est vrai que ça aurait pu être bien plus catastrophique. Le car a fait de l™aquaplaning à cause de la pluie et s™est renversé. Quel est votre rôle dans la formation française ?
Je suis sélectionneur des moins de 16 an et je vais suivre l™évolution des joueurs pendant quatre ans jusqu™en moins de 20 ans. C™est un rôle de formateur intéressant. Il y a un travail à long terme à faire. J™ai eu la chance de diriger la génération exceptionnelle des Benzema, Nasri, Menez et Ben Arfa. On a ramené pas mal de titre et ils volent maintenant de leurs propres ailes. Ces nouvelles stars du foot français sont-ils reconnaissants envers leur ancien sélectionneur ?
Oui, on reste en contact. J™ai d™ailleurs été très touché par un texto de Samir, qui a pris de mes nouvelles après l™accident, tout comme Rémy Riou et Steven Thicot. Personne ne s™oublie car on a passé d™extraordinaires moments ensemble. Que pensez-vous de leur évolution actuelle ?
Ils ont explosé dès qu™ils ont pu côtoyer de grands joueurs. C™étaient des bons joueurs, mais ils ont progressé très rapidement en jouant en championnat. A l™époque, vous imaginez bien que c™était été difficile de les faire jouer ensemble ! Au départ, en moins de 17 ans, Menez et Ben Arfa étaient les meilleurs. Nasri était un peu en-dessous. Puis Nasri et Benzema ont brillé les premiers en Ligue 1 et, maintenant, on revoit Ben Arfa. C™est une course-poursuite ! Dimanche, c™est le clasico OM-PSG. Quels souvenirs en garderez-vous ?
J™ai un souvenir exceptionnel puisque je pense avoir été le premier entraîneur à battre l™OM au Parc des Princes. Je me rappelle du but de la victoire inscrit par Bruno Rodriguez, qui avait délivré les supporters quelques instants après son entrée sur le terrain. J™ai tout connu, des joies et des déceptions. Ce que j™ai souhaité et ce que je souhaite encore, c™est que le match se déroule dans la franchise et dans la loyauté, même hors du terrain. Quel est votre pire souvenir ?
C™est notre défaite 4-1 au Vélodrome. On menait pourtant au score¦ Je n™avais pas du tout apprécié l™environnement global, aussi bien marseillais que parisien. Justement, les médias n™en font-il pas trop ?
Ce qui serait bien, c™est qu™un certain journal ne parle pas constamment des faits divers autour du match. Cela attise les conflits plus qu™autre chose. En parler, c™est normal, mais il ne faut pas trop en faire. Avez-vous révélé un aspect insolite ?
Légèrement¦ Je me rappelle qu™au Parc, il y avait eu une bataille d™écharpes entre supporters et on pensait que le match allait être annulé. Après, des souvenirs marrants, on n™en garde pas du tout. Il n™y a rien d™amusant dans ce match. Il y a beaucoup de pression aux yeux des supporters, car une saison peu être sauvée et gâchée en une soirée. Quel est le favori de dimanche ?
C™est l™OM, qui dans une meilleure dynamique. Je serai bien évidemment pour le PSG, et un match nul contenterait sûrement les deux équipes. Que pensez-vous de vos deux homologues, Paul Le Guen et Eric Gerets ?
Ils ont toujours su garder la tête froide dans les moments difficiles. C™est la marque des grands. Gerets, je connaissais son parcours et il a une rigueur et une loyauté exceptionnelles. Il ne fait jamais de dédramatisation. J™aime ce genre de personnage.Cela ne vous démange pas de ne plus connaître le haut niveau ?
Pas forcément. Je suis resté deux ans à Paris. Je suis content car beaucoup de monde attendait mon départ en tribunes. C™est déjà un exploit de survire si longtemps ! Je ne regrette pas mon passage au PSG car j™ai connu beaucoup de joie avec une 2e place au classement final. Je suis reconnaissant envers le club, qui m™a fait découvrir la Ligue des Champions. J™ai pris beaucoup de plaisir. Maintenant, j™ai un métier différent, avec ses avantages et inconvénients. En tant qu™ancien gardien et entraîneur des gardiens champions du monde 98, que pensez-vous de Steve Mandanda ?
Il a surpris tout le monde mais je le connaissais car je l™avais vu à Clairefontaine. L™OM a fait un excellent choix. Il est promis à une très grande carrière s™il arrive à rejouer régulièrement en Ligue des Champions lors des prochaines saisons.