Formé au Paris-Saint-Germain, le défenseur international sénégalais (3 sélections) qui a signé l™été dernier dans le club de la Real Sociedad vit une saison galère. Depuis le début de saison, le latéral gauche est écarté du groupe sans explications. Aujourd™hui, la seule volonté de Dramé est de partir, partir pour jouer¦ Interrogé par le quotidien national sénégalais Le Quotidien le joueur raconte son année, une année à oublier¦

Comment ça se passe pour vous actuellement en Espagne ?

C™est simple : je ne joue pas. Le plus important pour nous, footballeurs, c™est de jouer. Mais voilà, je ne joue pas !


Et comment vivez-vous cette situation ?

C™est dur ! Ce n™est pas facile. Très honnêtement, je pense déjà à la saison prochaine. Là, c™est presque fini, même s™il nous reste quelques matches  de championnat. Disons onze matches, je crois. Mais vraiment, j™ai déjà la tête à la prochaine saison.


Ce n™est pas le scénario que vous aviez prévu en venant sous forme de prêt au Real Sociedad ?

Du tout ! Sinon, je ne serais pas venu. C™est clair. Mais il est vrai qu™on ne peut pas savoir à l™avance comment cela va se passer.


Mais au juste qu™est-ce qui se passe au fond ?

C™est le coach¦ (il ne finit pas sa phrase). Moi, je ne sais rien du tout. Les mecs, quand ils te veulent, ils font un forcing. Après tu viens, il ne se passe rien du tout. Je ne peux pas l™expliquer. Vraiment je ne comprends pas.


Est-ce un problème de choix d™hommes ?

Oui, peut-être. Mais en même temps quand on analyse sous un autre angle ma situation, on voit que ce n™est pas tout à fait logique. Mais, comme on dit souvent, le foot n™est pas logique. Aller comprendre pourquoi. Mais vraiment, je ne sais pas pourquoi le coach ne me fait pas jouer.


àtes-vous le seul à n™avoir pas gagné la confiance du coach ?

Je suis le seul (il se répète). Tous les autres, ils jouent. Que ce soit un peu ou beaucoup, ils jouent quand même. On peut gagner deux matches et le coach garde la même équipe. On peut perdre, et il va garder la même équipe. En fait, ce n™est forcément pas parce qu™il y a de mauvais résultats ou pas. Franchement, je ne sais pas.


Vous sentez-vous isolé en Espagne ?

On peut le dire. Sinon dans l™équipe, on est deux à ne pas parler espagnol. Mais, l™autre il joue quand même. C™est un attaquant. Mais moi, non, je ne joue toujours pas. C™est à n™y rien comprendre !


Pensez-vous que ce soit un problème de langue, d™adaptation ?

Je ne le pense pas. Comparé à mon coéquipier qui ne parle pas espagnol et qui joue. Lui, il ne s™adapte pas plus que moi. Au contraire, je m™adapte mieux que lui. Je communique plus avec les joueurs. Je rigole avec eux. Je ne pense pas que ce soit forcément cela.


Et comment ça se passe entre vous et le coach ?

Là aussi je comprends difficilement. En ta présence, il va te tenir un discours vraiment élogieux. Après, rien. C™est comme quand je suis allé lui parler. Je lui ai demandé ce qu™il pense de moi. Et là, quand il parle, c™est comme si je suis le meilleur joueur du monde. Et quand je lui demande pourquoi je ne joue pas, alors là c™est autre chose.


Qu™est-ce qu™il vous répond ?

Il tourne en rond. Pas de réponse concrète. Il me dit souvent que c™est le foot. Il n™a pas encore quelque chose de convaincant. 


Pensez-vous quitter le club ?

En tout cas rester ici, ce n™est pas la peine. Déjà, on ne sait pas si on monte ou pas. Et même si l™équipe monte, je pense que le coach va rester. Et s™il ne me fait pas jouer en D2, je ne pense pas qu™il va le faire en D1. Et si on ne monte pas, si les choses ne bougent pas, à mon avis l™équipe va exploser. Tout le monde va partir. Tout va changer. Je n™ai vraiment pas envie de rester.


Est-ce qu™aujourd™hui il y a des clubs qui s™intéressent à vous ?

Ils disent qu™il y a des clubs qui sont intéressés, mais cela ne veut rien dire, car on ne m™a pas donné de noms. On m™a juste dit qu™il y avait des clubs qui étaient intéressés. Pour l™instant, je n™ai pas voulu savoir. C™est juste mes agents qui m™ont dit cela. Sinon, il n™y a pas de directeurs de clubs qui m™ont appelé directement.


Ressentez-vous du racisme au sein du Real Sociedad ?

Non ! Pas au sein de l™équipe. Disons que ce n™est pas une question de racisme ou pas. Mais le constat est que je suis le seul black de l™équipe. On te regarde d™un autre “il. áa parle, ça rigole. C™est une manière de mettre mal à l™aise indirectement.


Regrettez-vous d™être venu en Espagne ?

Non ! C™est un choix que j™ai fait. Maintenant, je regarde vers l™avant. Je le prends comme une bonne expérience. C™est tout. Ce qui est fait est fait. Il ne faut pas se prendre la tête.


Quelle peut être la solution, selon vous ?

Il me reste deux ans à Sochaux. Quoi qu™il arrive, je retourne à Sochaux. Si le coach ne veut toujours pas me faire jouer, j™essayerai de trouver une autre solution. Tout ce que je veux, c™est jouer !


Dans un tel contexte, vous arrive-t-il de penser à la sélection nationale ?

J™y pense toujours. Et je suis de très près l™équipe, à chaque fois qu™elle joue. En même temps, j™ai mon ami qui a été appelé pour la première fois en sélection. C™est Morgaro Gomis. On a grandi ensemble. On a joué ensemble. C™est mon ami depuis qu™on était tout petit, et jusqu™à présent, on est des potes. On habite dans la même ville. J™espère revenir en Equipe nationale le plus tôt possible. Mais ce n™est pas moi qui décide. En attendant de retrouver un temps de jeu, je continue les entraînements, après je m™occupe de la maison et de ma famille. C™est mon quotidien.

Voilà donc les paroles d™un espoir déchu¦ Espérons pour l™ancien joueur du PSG qu™il se remette de sa mauvaise expérience et qu™il rebondisse vite dans n™importe quel club, c™est le principal.

Mickaël M.