Beaucoup l'avaient déjà constaté à la suite de la 34e journée de Ligue 1 opposant l'Evian TG au Paris Saint-Germain, l'arbitrage français n'est pas à la hauteur de grands matches. En deux fois quatre-vingt-dix minutes, le club de la capitale est devenu l'équipe la moins fair-play de France, avec notamment quatre cartons rouges récoltés. Voilà ce que donnerait la Ligue, trop fière pour donner raison « au Qatar Saint-Germain et à ses pétrodollars » .
Seulement voilà, il y a un moment ou le foot doit rester du foot. Pierre Ménès lui-même l'a dit après l'erreur plus que grossière de l'homme en jaune; « c'est son jour de gloire à l'arbitre, c'est un manque de respect au football ». Puis Marco Simone s'est confié à son tour: « c'est un scandale ». Enfin, Leonardo, qui en jouant de ses épaules, est passé dans le couloir des vestiaires en faisant une démonstration à l'arbitre quant à la définition du mot « pousser ».
En effet, Alex aurait reçu une explication de ce même représentant de l'ordre sur les terrains, l'informant que Thiago Silva l'aurait poussé. « Pauvre enfant... » diront les cyniques. Mais c'est le directeur sportif du PSG, après son passage forcé, qui s'exprime avec un réalisme plus direct: « Si ça continue, on va avoir dix joueurs suspendus. On aura plus d'équipe pour jouer. C'est n'importe quoi ». Pas sûr qu'après tout cela la Grande commission de discipline de la LFP daigne entendre les hommes du club francilien.
Toutefois, bien qu'ayant largement faussé le match, l'arbitre n'est pas la seule raison pour laquelle le PSG n'est pas champion à l'heure actuelle. Si nous ne parlons pas de mathématique, les joueurs ont eux aussi des regrets à avoir. Tout cela aurait pu être plié il y a bien longtemps. À l'image d'une saison au rythme irrégulier, les rouge et bleu de cette 35e journée auront souvent manqué de vivacité et de finition.
Entre Lavezzi, qui prend la fâcheuse habitude de manquer des face à face cruciaux, Ibrahimovic qui aborde une vitesse de croisière de plus en plus lente ou encore Ménez qui parfois oublie qu'une équipe est constituée de onze joueurs, la machine aurait bien besoin de quelques petits réglages techniques. Cependant, l'heure n'est plus aux regards en arrière, au contraire, Paris doit affronter Lyon a Gerland, tombeur l'AS Nancy Lorraine cet après-midi.
La tâche promet de ne pas être aisée, d'autant plus que les suspensions de plusieurs des joueurs clés de l'effectif francilien seront à déplorés, sans négliger l'absence de blessés. Mais qui ne souhaite pas se venger du sacre de L’OL au Parc en 2006? Le dernier point, car oui, un autre problème de pose, c'est le douzième homme du club. Le public du Parc ne donne pas toute la voix qu'il possède, nul ne se dirait "c'est un public de champions" à l'écoute de chants aux larges intervalles. Rien à voir avec les supporters en noir et jaune du Borussia Dortmund, qui trouve le moyen d'attirer l'attention européenne rien que par la voix et la passion.