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A la veille du « Classico » la question a le mérite de se poser au regard des dernières sorties des Phocéens et de leur série catastrophique digne d’un GF 38 à ses plus belles heures. 9 défaites au cours des 10 derniers matchs.
 



Oui, car un « Classico » reste un « Classico »
Quoiqu’il arrive ce match là entre parisiens et marseillais sera toujours un match particulier. La sauce monte toute la semaine, l’effervescence médiatique est énorme et on ne parle que du match les jours précédents la rencontre. La pression supplémentaire redistribue toutes les cartes, un surplus d’engagement et d’agressivité de part et d’autre rend la confrontation encore plus excitante. L’ambiance est électrique le jour du match et le classement ne signifie plus grand-chose au moment où les deux équipes pénètrent sur la pelouse. Les statistiques le prouvent, les résultats tournent souvent en faveur de l’équipe la moins bien classée en championnat. Sur ce match tout peut arriver. Peu importe les joueurs. Peu importe la saison que réalise chacune des équipes, les compteurs sont remis à 0 pour le match. Et à ce petit jeu, l’OM s’est montré plus fort que le PSG lors des dernières saisons. Malgré la victoire (2-1) et la louche de Nenê pour Hoarau lors du précédent affrontement au Parc des Princes, les marseillais ont remporté trois des cinq derniers « classicos » disputés en terre parisienne. Avec Monaco, Marseille est d’ailleurs l’équipe qui réussit le mieux au Parc avec 9 victoires en 32 confrontations.

Oui car Marseille peut sauver (en partie) sa saison
Les espoirs d’accéder aux places européennes par le championnat aux oubliettes, l’OM n’a plus que deux moyens de sauver ce qui peut encore l’être pour que cette saison ne soit pas une des pires de l’histoire du club. Le premier sera le rendez-vous face à Lyon le week-end prochain en finale de la coupe de la ligue. Super comme match le plus important de la fin de saison. Il n’y a bien que Fréderic Thiriez qui doit être tout émoustillé de voir deux grands clubs en finale de sa coupe. Cette coupe Steve Mandanda en a déjà deux répliques miniatures sur son bureau. Autant dire qu’en ajouter une à leur palmarès les marseillais s’en foutent pas mal. Gueugnon en a bien gagné une -Ils en sont où d’ailleurs les forgerons ?-. En revanche la possibilité de jouer une compétition européenne la saison prochaine intéresse beaucoup plus les marseillais, surtout quand on connait les difficultés économiques que traverse en ce moment le club de la Bonne Mère. Le deuxième c’est ce match de dimanche soir évidemment. Taper les parisiens à la maison, dans leur jardin alors qu’ils sont en course pour le titre à 8 journées de la fin serait le meilleur moyen de sauver l’image du club. Si Deschamps offre le même cadeau que Jean Fernandez à ses supporters à savoir le scalp des parisiens à l’aller comme au retour, on ne crachera sans doute pas dessus sur la Canebière. L’honneur sera sauf.

Oui car 3-0 on connait
Une pilule toujours pas digérée. Le match aller avait été d’une terrible souffrance pour tous les supporters parisiens. 3-0. L’humiliation. Kombouaré doit bien s’en rappeler car c’est surement sur ce match que le Kanak a perdu le (faible) crédit qu’il lui restait auprès de Leonardo. Quelle violence pour ce premier « classico » du PSG made in QSI ! Personnellement, un des pires que j’ai jamais vécu. Le néant quasi-total. On n’a pas vu le jour du match. Un très beau but –avec de la réussite- de Rémy avait plongé les joueurs de la capitale au fond du trou pour ne plus en sortir. Incapable de se procurer des occasions, de se défaire du pressing olympien et en difficulté sur chaque attaque marseillaise, le PSG a pris sa plus grosse taule de la saison. A cette époque là le club de la capitale était pourtant au sommet du championnat et ce match devait être une démonstration, un petit avant-goût de la nouvelle puissance parisienne qui s’apprêtait à dominer l’hexagone pour de longues années. De son côté, l’OM allait un tout petit peu mieux qu’aujourd’hui mais sortait d’une défaite à Montpellier (1-0) la journée précédente et de la même sentence quatre jours plus tôt en Ligue des Champions face à l’Olympiakos (0-1). La démonstration a en tout cas bien eu lieu, mais pas dans le sens espéré. Les parisiens ont été humiliés par ces marseillais et les séquelles sont encore bien profondes chez les supporters parisiens. Cette victoire face à Paris avait d’ailleurs totalement relancé les Marseillais, enchainant par la suite 11 victoires en 14 matchs !

Oui car Paris ne fait rien pour nous rassurer
Avant de regarder combien d’œufs a récolté le voisin va voir comment vont tes poules comme dirait l’autre. Car on a beau parler de Marseille et de ses très grandes difficultés, le PSG ne va pas bien depuis plusieurs semaines et ça n’a échappé à personne. Battu pour la première fois de la phase retour en championnat le week-end dernier à Nancy (2-1), le club de la capitale n’a plus gagné depuis 4 matchs toutes compétitions confondues. Mécontent des prestations de son équipe, Carlo Ancelotti a procédé à de nombreux changements tactiques au cours des dernières rencontres. Des 4-3-2-1 et 4-2-3-1 très en vogue à son arrivée, le technicien italien est passé à un inédit 4-4-2 en losange en Lorraine puis pour un milieu à quatre avec un neuf et demi en seconde période. Une valse des formations qui prouve bien les difficultés de Carlo à trouver la bonne formule. Au PSG il n’y a plus d’équipe-type et bien malin est celui qui peut prédire le XI parisien qui débutera demain soir face à Marseille. Car lassé par l’attitude de ses joueurs qu’il juge mauvaise, l’entraineur parisien n’a pas hésité à mettre sur le banc des piliers de la formation parisienne sous les ordres de Kombouaré. Nenê et Sakho peuvent en témoigner. Lugano aussi, au moment où Armand et Camara ressortent du placard pour jouer les sauveurs. Malgré un jeu offensif peu flamboyant, manquant de percussion et de mouvement, les rouge et bleu détiennent la meilleure attaque du championnat en 2012. Surprenant au vu du faible niveau de l’animation offensive parisienne. Mais c’est surtout en défense que le bât blesse. Avec 13 buts encaissés au cours des 7 derniers matchs, la défense parisienne affiche clairement des faiblesses. Un constat qui a poussé Carlo Ancelotti à changer sa ligne défensive quasiment à chaque match. Mécontent du rendement de la charnière centrale et des performances de son capitaine Sakho, le technicien transalpin multiplie les annonces et les changements de compositions. Jamais très bon signe à l’aube d’un sprint final où la force mentale fera la différence.

Non car Jérémie Morel sera une nouvelle fois titulaire si tout va bien
Il faut reconnaitre qu’un des principaux avantages du rachat du PSG par QSI, c’est de ne plus avoir à galérer avec quelques euros en poche pour le recrutement. Et donc l’assurance de ne plus se retrouver avec des joueurs de la trempe de Jérémie Morel qu’on voit débarquer à l’intersaison. Marseille est dans ce cas là. Mais à l’époque des Bourillon et autres Digard nul doute qu’un mec comme Jerem aurait été le bienvenu au Camps des Loges. Souvent pointé du doigt et mis en cause dans les mauvaises prestations olympiennes, le numéro 15 vient de se faire une nouvelle fois violer à l’aller comme au retour par Robben puis Ribéry lors de la double confrontation face au Bayern Munchen. Il faut quand même le reconnaitre, ce mec là est une sacrée biture. Tout le monde l’a remarqué. Même Stéphane Mbia pourtant loin d’être le premier de la classe. D’ailleurs l’ancien rennais se serait frité avec l’ancien lorientais à l’entrainement hier. Une simple bagarre de rue bretonne entre rennais et lorientais se disputant l’hégémonie de la région me direz-vous. Non pas vraiment. Critiqué par Mbia suite au match de mardi face au Bayern, Jerem’ aurait remis en question les capacités intellectuelles de son camarade à l’issue de la séance de vendredi. Selon le journal L’Equipe le ton serait alors monté et plusieurs coéquipiers ont dû intervenir pour séparer les deux protagonistes. Information démentie aujourd’hui par les deux joueurs. On vous croit les gars.
L’ambiance du vestiaire est pesante en ce moment du côté de Marseille. Défaite après défaite la cohésion collective s’effrite. Tant mieux pour nous. Et puis sur le papier l’effectif marseillais est nettement inférieur à celui des parisiens. Encore heureux avec les sommes qu’on dépense. Remy, Mandanda et Nkoulou qui semble retrouver sa forme du début de saison, constituent la colonne vertébrale et les principaux arguments de l’équipe marseillaise. Mais pour le reste. Morel est à la rue, Amalfitano ne met plus un pied devant l’autre depuis sa sélection avec l’équipe de France qui lui a fait prendre la grosse tête, Ayew joue depuis plusieurs semaines avec une épaule déboitée, Brandao effectue des contrôles du dos, Valbuena se roule de plus en plus à terre… bref ca ne ressemble plus à rien cette histoire. Paris n’a pas mis 20 points à l’OM en championnat par hasard. Espérons seulement que Nenê, Pastore et Ménez ne se marcheront pas dessus sur le front droit de l’attaque parisienne pour jouer à celui qui enrhume le plus Morel.

Non car demain soir ce sera le soir…
Le soir où Paris va montrer à toute la France qu’il mérite de remporter ce titre. Mis à mal par de nombreuses critiques sur les choix d’Ancelotti, sur les performances de chacun ou encore sur l’état d’esprit collectif, le club de la capitale va réaliser LE match qui va nous faire basculer dans la passion. Ce match est une chance pour les parisiens de repartir du bon pied après un mois de mars délicat et de montrer que le titre ne peut plus leur échapper. Demain soir ce sera le soir de Pastore qui va prouver à tout le monde qu’il vaut bien ces 42 millions d’euros. Ce sera aussi celui d’Ancelotti qui démontrera par A+B qu’il est bien l’un des meilleurs coachs du monde. La première très belle soirée d’une longue liste dans un Parc bourré à craquer acclamant ses héros est prévue pour demain soir. Et ce n’est pas l’OM, cet l’OM là qui enchaine prestations miséreuses sur prestations miséreuses qui empêchera le peuple parisien de toucher du doigt ses rêves déchus depuis près de 17 ans. Très concentrés toute la semaine, les joueurs parisiens sont apparus plus motivés que jamais à chaque sortie médiatique à l’idée de frapper un grand coup dimanche soir. Une fois l’affaire Nenê bien gérée par Leonardo, les déclarations de Javier Pastore, de Milan Bisevac et de Carlo Ancelotti se sont succédés pour témoigner de la grande envie des parisiens de marcher sur les marseillais dans le bon sens du terme pour ce choc de la 31ème journée. Demain soir ce sera le soir de Paris.

Non mais oui car l’année 1999 est passée par là
Enfin, même si l’antagonisme entre marseillais et parisiens s’est peu à peu estompé depuis plusieurs années, la rivalité entre le club de la capitale et le plus grand club provincial est toujours particulière. Alors que l’OM s’apprête à jouer un rôle d’arbitre dans cette Ligue 1 en affrontant Paris puis Montpellier en trois jours, nul doute que certains supporters marseillais repenseront à un certain mois de mai 1999.Petit cours d’histoire pour les plus jeunes. Lors de la saison 1998-1999, les parisiens avaient battu les marseillais à la lutte pour le titre à trois journées de la fin du championnat (2-1) grâce à un doublé de Marco Simone, survolté ce jour-là. Mais s’étaient inclinés lors de la dernière journée contre Bordeaux (3-2) au Parc, faisant ainsi perdre le titre de champion à Marseille, au profit des Girondins. Apathiques et n’ayant plus rien à jouer les parisiens avaient totalement lâché les dernières minutes du match. Pascal Feindouno en avait profité pour marquer le troisième but dans le temps additionnel et donner du même coup la victoire et le titre de champion aux marine et blanc. Douloureux souvenir pour les marseillais qui ont l’occasion cette année de renvoyer l’ascenseur à leurs ennemis jurés. Que ce soit les joueurs évidemment, Deschamps, Labrune ou encore Anigo, aucun marseillais n’était présent en 1999. Mais lorsque l’on porte le maillot d’un club c’est pour défendre ses couleurs, son image et son histoire. Les joueurs marseillais sont au courant de ce tragique épisode de l’histoire du club et de l’importance particulière que pourrait revêtir une victoire face à ce PSG en course pour le titre auprès des supporters phocéens. Les parisiens sont prévenus.

En somme un « Classico » n’est jamais joué d’avance. Faites-nous rêver. Allez Paris.