Adjoint dAntoine Kombouaré, lentraîneur du PSG, Yves Bertucci sest confié à Ouest France. Dans une interview, il revient sur ses onze années passées au Mans comme entraîneur et responsable de la formation, ainsi que sur le contact quil a eu avec le kanak.
Yves Bertucci, qu'est-ce que vous retiendrez de vos onze années passées au MUC 72, dont dix comme responsable de la formation mancelle ?
Y. B: Pendant dix ans, le centre de formation a beaucoup progressé, que ce soit dans le travail, dans l'accueil, dans l'accompagnement du joueur. On n'avait pas toujours les mêmes moyens que les autres clubs, mais l'arrivée d'Henri Legarda a boosté nos ambitions de ce point de vue. La cellule de recrutement s'est également enrichie. Quand je l'ai quitté, en 2008, il était classé 5e meilleur centre de formation de France.
Après avoir entraîné la CFA, vous avez dirigé pendant six mois l'équipe première. Quel regard portez-vous sur cette expérience ?
C'était très enrichissant. J'ai compris beaucoup de choses. Avec du recul, ce n'était pas si mal ce que j'ai fait. Sur cette période, le MUC a remporté 25 de ses 40 points. Je n'ai pas fait d'exploits. Mais quand j'ai été écarté, l'équipe était 12e. L'objectif maintien pouvait être rempli. Je pense que c'était sans doute un peu tôt dans la saison. En février, on n'avait plus confiance en moi. Mais je serais toujours reconnaissant envers le président Legarda qui m'a donné l'opportunité de coacher une équipe première. Il a toujours été clair avec moi.
Qu'est-ce que vous changeriez dans votre façon de travailler si vous aviez à le refaire ?
J'aurais dû être plus direct c'est sûr. On est le numéro 1 donc on est seul. Dans ce projet de maintien, j'y suis allé avec tout le club. C'était un challenge énorme de remplir cette mission, en regardant tous les joueurs qui nous avaient quittés durant l'été : Sessègnon, Romaric, Basa... Certains ont peut-être oublié que ce n'était plus la même équipe. Mais par la suite, quoi qu'il arrive, c'est vous qui êtes toujours en première ligne. C'est la loi, je la connaissais avant de signer. On est le seul responsable. Et j'ai sans doute perdu aussi confiance en mes choix.
On vous a proposé d'intégrer la cellule de recrutement du club. Vous ne souhaitiez pas poursuivre votre carrière au club ?
Après l'année que je venais de passer, je ne m'imaginais pas rester dans le staff. Faire du recrutement, je ne sais pas, je me sens encore jeune, j'ai encore besoin d'être sur le terrain.
Depuis, vous avez rebondi rapidement...
En fin de saison, Boulogne m'a contacté, mais ils ont préféré Laurent Guyot. C'est un bon entraîneur. Et puis j'ai rencontré Antoine Kombouaré (entraîneur du PSG) que je ne connaissais pas. Un homme droit et clair dans son discours. En deux jours, c'était réglé. Cela prouve que ce que j'ai fait au Mans n'est pas passé inaperçu. Je le répète : je n'ai rien fait d'extra, mais après tout, ce n'était pas si mal.