Après la victoire à Strasbourg, Mickaël Landreau est longuement revenu sur la période actuelle du PSG et sur ses performances individuelles. Sans langue de bois.
Mickaël Landreau, belle semaine pour le PSG d™un point de vue sportif. Une victoire en Coupe de la Ligue et une autre contre Strasbourg qui permet au club de se relancer¦
La semaine n™est pas finie et chaque match revêt une importance énorme. Celui de Strasbourg notamment, c™était plus que trois points. Il fallait absolument qu™on recolle. Notre situation est difficile. Si on n™avait pas gagné ce match-là, on aurait accusé le coup psychologiquement. La finale de la Coupe de la Ligue était essentielle pour bien représenter le PSG et puis, il fallait confirmer en championnat, ce qui n™était pas simple.

Et contre Strasbourg, vous faîtes à titre personnel l™un de vos meilleurs matchs depuis quelques semaines¦

Je continue mon petit bonhomme de chemin. Une carrière, comme une saison, c™est très long. A mon poste, on n™a pas droit à l™erreur. La moindre erreur, on la paie cash. L™important est de continuer et essayer d™apporter le plus possible au PSG.

"2007_08_24T150439Z_01_NOOTR_RTRIDSP_2_OFRSP_SPORT_FOOTBALL_FRANCE_LANDREAU_20070824.jpg"On a vu vos partenaires revenir vers vous après des arrêts décisifs. áa doit vous faire chaud au c“ur ?
Je n™ai jamais perdu confiance, même s™il y a eu tout un truc qui s™est créé autour de moi. Je sais très bien qu™on peut vivre ça à certains moments. Mais la saison n™est pas finie et il va falloir être encore performant.

C™est une situation que vous revivez après la saison dernière. Est-ce que c™est plus dur cette année ?

Tous les ans, c™est différent. Il y a des choses différentes à gérer. Mais jouer le maintien, c™est dix fois plus difficile que jouer le haut du tableau parce que le quotidien est plus éprouvant et qu™il faut être encore plus fort mentalement. Et encore plus en étant au PSG parce que c™est un club très médiatisé. Il faut être solide.

Est-ce qu™il n™y a pas une usure psychologique ?
De toute manière, il faut gérer ce qu™il y a devant soi. Moi, je vais donner mon maximum en étant le plus professionnel possible, en travaillant et en ne lâchant rien.

L™avenir à court terme, c™est le match à Nancy. Encore une des finales qui reste à jouer ?
On sait très bien que chaque point va compter. On ira à Nancy dans cette optique.

Votre calendrier est a priori plus favorable que celui de vos adversaires. Est-ce que vous êtes d™accord avec cette analyse ?

A Paris, tout est analysé de façon différente. Si on avait perdu contre Strasbourg, le calendrier aurait été détestable. C™est un calendrier qui est difficile et il faudra aller chercher le maintien. Et jouer le maintien dans ce club, c™est encore plus difficile que dans un autre. Le challenge est difficile mais il n™est pas impossible.

« C™est sur Paris qu™on tape en premier »

Vous êtes-vous habitué à ce climat autour de Paris ou essayez-vous de vous isoler ?
On est dans la course et le seul élément qui pourra nous dire si cette pression est positive ou négative, c™est le jour où nous serons sauvés.

Pour revenir à la Coupe de la Ligue, c™est votre premier trophée avec le PSG. Quelles émotions avez-vous ressenties ? Est-ce comparable avec Nantes ?
Rien n™est comparable. C™est essentiel de gagner et de remporter quelque chose parce c™est ce qu™on retient. Venir à Paris et ajouter une ligne au palmarès, c™est de toute manière un plus. C™était une émotion forte. áa va nous aider pour la fin de saison.

Cette finale a été marquée par cette fameuse banderole. La fête a-t-elle été gâchée ?
Comme toujours quand c™est le PSG, tout est multiplié par cinquante mille. On est tous d™accord pour penser que ce n™est pas possible de voir une telle banderole dans les tribunes. Ce n™est pas qu™à Paris. Mais c™est sur Paris qu™on tape en premier. Il faut enlever ça des stades mais il faut que tout le monde soit à la même enseigne. Pour nous, l™important est de nous concentrer sur le terrain. Il y eu la finale mais on savait qu™on allait être attendu trois jours après contre Strasbourg. On a emmagasiné de la confiance et de la joie pour pouvoir aborder au mieux le maintien.

Cette banderole est devenue une affaire d™Etat¦
Oui et c™est logique parce que cette banderole fait référence à l™un des films les plus vus et qui touche beaucoup de Français. Des millions de gens sont allés le voir au cinéma. C™est pour ça que ça a pris une telle ampleur.

Justement, cette ampleur¦
Mais quand tu es à Paris, il ne faut pas vouloir tout commenter. C™est politique et un joueur n™a pas un vécu politique nécessaire parce que nous sommes jeunes pour la plupart. On n™a pas le recul suffisant pour pouvoir aborder tous les faits d™actualité. Pour certains, on peut être parole d™évangile donc il faut être prudent.

Comment avez-vous vécu les sifflets à votre encontre ?
Moi, je continue ma carrière. Je suis bien dans mes pompes. Je sais très bien qu™il y a des jours où c™est moins bien que d™autres.

Se faire siffler au Parc, après votre saison réussie l™année dernière¦ Etes-vous rancunier ?
Non¦ On est dans un club où beaucoup de choses sont orchestrées. J™emmagasine, je vis ma carrière à fond, je vis pleinement les choses.

« Je ne crois pas trop au facteur chance »

Et vous comprenez qu™on puisse vous siffler puis vous acclamer la semaine suivante ?
Je suis là pour faire du mieux possible. Chacun a une mentalité différente, avec des origines et une éducation différentes. Il y a des choses que je ne ferais pas, d™autres peuvent le faire. Je suis gardien au PSG, choisi par le coach. J™essaye de redonner la confiance que l™on me témoigne.

Péguy Luyindula a dit que le groupe ne vous avait peut-être pas assez soutenu ?
Ce qui m™intéresse, c™est ce qui se passe à l™intérieur du groupe. Pas ce que la presse raconte.
Vous comptez 404 matchs en douze saisons en Ligue 1, avec 30 à 35 matchs par saison. Avez-vous un secret pour éviter la blessure ou est-ce la chance ?
Je ne crois pas trop au facteur chance. Il y a un équilibre de vie, beaucoup d™envie de réussir, de bien faire. Une exigence au quotidien pour être le meilleur possible."landreau_2.jpg"Avec tout l™attrait de la vie culturelle et nocturne à Paris, est-ce que c™est plus dur de rester concentré sur son sujet quand on signe au PSG ?Tout dépend quelles sont les priorités. Quand c™est l™équilibre familial et le football, il n™y a pas de soucis et on est moins blessé.

Est-ce que vous avez l™Euro dans un coin de votre tête ?

Je suis quelqu™un qui voit toujours à long terme. Et dans mon calendrier, il y a les dates de l™Euro. Après, il faut faire le maximum.

Vous partez en tant que deuxième gardien¦
Je ne rentre pas là-dedans. Quand il a fallu compter sur moi, j™étais là. Quand on me demande d™être derrière Greg, je m™efforce de le mettre dans les meilleures conditions. Je fais le maximum pour vivre pleinement ce que j™ai à vivre.

Est-ce que vous serez parisien l™année prochaine ?
Je ne veux parler de ça. Aujourd™hui, il y a le maintien en jeu et on ne peut pas perdre d™énergie dans notre contexte. On fera le point mi-mai.
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