J-2. Dimanche, OM-PSG sera arbitré par le Breton Bertrand Layec. L'un des meilleurs sifflets français, supporter de l'AS Saint-Etienne dans sa jeunesse.

Bertrand, on devient arbitre de foot parce qu™on n™a pas le talent suffisant pour être joueur ?

Personnellement, c™est tout simplement parce que j™aime le football. Je voulais vraiment devenir un acteur à part entière de ce sport. Après, c™est vrai que lorsqu™on est petit, on rêve tous de pouvoir devenir professionnel. Mais pour ça, il faut avoir des qualités physiques et techniques que je n™avais pas forcément. L™avantage, aujourd™hui, c™est que tout le monde peut être arbitre. Il suffit de le vouloir.

A quel poste auriez-vous aimé jouer ?

Gardien de but. C™est un poste qui se rapproche beaucoup de celui d™arbitre. En général, c™est quelqu™un qui est seul durant tout son match et qui ne peut compter quasiment que sur lui.

Quel est votre plus beau souvenir ?

C™est lorsque j™ai arbitré la finale de Coupe de France 2003 entre la PSG et Auxerre. Diriger une telle rencontre, c™est un aboutissement, une consécration. Ce sont des moments rares et intenses à vivre. Après, j™ai également eu la chance d™arbitrer des matchs de Ligue des Champions. áa aussi, ce sont des moments inoubliables.

Et les PSG-OM dans tout ça ?

J™ai eu la chance d™en diriger deux. áa aussi, ce sont des matchs particuliers qui sont, malgré tout, à vivre pour un arbitre de foot. Dans ces rencontres, les ambiances sont surchauffées. La protection des joueurs est maximale lors de l™entrée sur la pelouse. Quand on est arbitre, on adore ce genre de rencontre où la tension est palpable. Pour moi, c™est LE match référence en France.

Et le pire match que vous ayez eu l™occasion d™arbitrer ?

Pour l™instant, il n™y en pas. Alors, bien sûr, il y en a quand même où j™ai fait des erreurs, mais c™est la vie. Nous sommes des êtres perfectibles, comme tout le monde. L™essentiel, c™est de savoir profiter de ses erreurs pour avancer et être encore meilleur.

Lorsqu™on est arbitre, y a-t-il des équipes qu™on préfère arbitrer plus que d™autres ?

Pas spécialement. Après, c™est vrai qu™il y a dans certains clubs des joueurs à forte personnalité qu™on préfère, en général, éviter. Ils sont beaucoup plus difficiles à gérer. Maintenant, on fait quand même avec. L™important, c™est de savoir se faire respecter.

Quel est le joueur le plus sympa que vous ayez eu l™occasion d™arbitrer ?

Il y en a beaucoup, mais personnellement, j™ai beaucoup aimé un garçon comme Stéphane Ziani. J™avais vraiment un bon feeling avec lui. C™était un mec sympa avec qui on pouvait discuter.

Et le moins sympa ?

Là aussi, il y en a beaucoup ! Mais je ne le dirai pas. De toute façon, ça ne veut pas dire grand chose. Sur le terrain, ils sont concentrés sur leur match à cause de la pression. Ils ne sont plus vraiment dans leur état normal. Je suis sur que dans un autre contexte, je pourrais les trouver sympathiques.

Entre les joueurs et les entraîneurs, selon vous, qui sont les pires ?

Sans hésiter, les entraîneurs ! Au moins, les joueurs, comme je viens de le dire, ils ont une excuse pour râler. Ils sont dans leur match et ne pense qu™à la victoire. En revanche, les entraîneurs, eux, ont le recul nécessaire pour bien jauger une situation. Or, parfois, ils ne le font pas. Sur ce coup là, ils ne sont pas pardonnables !

Y a-t-il un club que vous supportiez lorsque vous étiez enfant ?

J™étais un amoureux de Saint-ðtienne. J™ai vraiment vécu l™épopée des Verts de 1976 avec passion. Maintenant, à l™heure actuelle, ma mission m™interdit de faire du favoritisme. Quand j™arbitre Saint-ðtienne, ça ne me procure aucune émotion particulière. Sauf peut-être au niveau de l™ambiance qui règne dans le stade. Je crois qu™à ce niveau là, il n™y a pas mieux que le Chaudron !

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