Si certains se mordront les doigts après un tel dénouement (élimination sur le score de 1-1; 3-3 total), les joueurs de la capitale, eux, peuvent malgré les regrets, repartir la tête haute. Auteurs de prestations largement honorables, les derniers représentants français sur la scène européenne n'ont pas a rougir.
Tout commence de manière engageante, chacun admire sur son écran de salon, dans un bar ou depuis sa place au Nou Camp, l'étonnante décontraction parisienne.
Le ballon circule bien, il tourne de manière assez satisfaisante, une belle passe par ci, une passe en profondeur par là.. C'est à peine si l'on se lève de sa chaise lors des contres catalans. On voit aussi arriver le ballon dans les jambes d'Ibrahimovic, de Lavezzi ou de Pastore, tous démarqués, bien placés sur le terrain.
Le jeu Barcelonais n'inquiète pas, il lui manque son Messi, assis sur le banc des remplaçants, le regard anxieux, et ça se voit.
La situation n'apporte qu'espoir et progrès au jeu des hommes en blanc, tandis que chez les spectateurs, le rêve grandit, la demi-finale est de plus en plus envisageable. Chacun la sent s'approcher lentement. Les contres se répètent, Valdés se retrouve à plusieurs reprises en danger. Le PSG impressionne. Mais à la mi-temps, le PSG n'a toujours pas marqué.
Un quart d'heure de répit. On sort fumer ou discuter, les conversations mettent en avant un club français ayant largement les moyens de se frayer un chemin jusqu'au dernier carré, après avoir surpassé le Barca pendant quarante-cinq minutes. On se détend un moment.
Puis le match reprend, et Paris mène toujours la danse. Il aura d'ailleurs fallu un peu moins de cinq minutes dans cette seconde période pour que Pastore sur une superbe remise d'Ibrahimovic vienne délivrer le PSG du souvenir de l'élimination.
Suite à un "une-deux" ayant mis la défense espagnole aux abois, l'argentin de son pied gauche foudroie un Victor Valdés qui malgré son opposition voit la ball se lover dans les filets.
Tout est là pour faire croire a la réalisation d'un rêve. La joie des joueurs, le petit 2-3 sur le compteur total de l'UEFA, et la déception dans les regards adverses. On se lève, on hurle, on lève le poing. C'est un grand moment, et l'on peut se dire "Paris est qualifié", "Paris bat le Barca". Plus qu'une demie heure de jeu a tenir!
Mais comme chaque belle aventure a ses péripéties, Messi est instinctivement envoyé a l'échauffement le long de la ligne de touche.
Les quelques minutes qui suivirent ne furent toujours pas pour aller à l'encontre de l'avantage Parisien. On sourit même en voyant les ambassadeurs de la capitale tenter de nouveau l'incroyable.
Mais lorsque le petit homme mit pied sur le terrain, la partie prit une toute autre tournure. C'est là que le décompte commença réellement.
Les offensives du club a domicile se furent plus régulières, Sirigu sauva de ses gants le onze parisien une fois, les défenseurs renvoyèrent des balles dangereuses d'autres fois, les attaques du club français se firent moins efficaces. A croire que le talent d'un quadruplé ballon d'or fut l'unique élément qui vint peser dans la balance pour renverser le cours du match.
Et à la soixante-dixième minute, ce même grand du football fut a l'origine d'une action meurtrière en faveur de son équipe. Messi sert Villa, celui-ci offre a Pedro une opportunité en or. Une frappe sèche. Sirigu plonge. Vision cauchemardesque. Le FC Barcelone vient égaliser vingt minutes avant le coup de sifflet final.
Vingt longues minutes deviennent dès lors vingt petites minutes pour chaque Parisien. Il suffit d'un but. Il suffisait qu'un seul de tous ces face à face soit rentré, il suffisait qu'on soit plus réalistes... Le regret ne fait que grandir, et le jeu n'est plus si intense. L'expérience des barcelonais pour tuer un match intervient. Plus la fin approche, plus l'ultime espoir d'un but "à la Matuidi" devient le dernier recours pour rêver. "Mais si seulement on en avait mis un en première mi-temps!".
Malheureusement rien ne vient, si ce n'est un coup franc a l'entrée de la surface, a la dernière seconde du match, pour les hommes d'Ancelotti, c'est le tout pour le tout, Sirigu est monté, mais la volonté n'est plus la même. Le résultat n'est pas dangereux.
Un à un, fin du match. Le PSG est éliminé. L'injustice de la règle des buts a l'extérieur, la manière la plus cruelle pour désigner un vainqueur et un vaincu.
Si pour certains ce match est une défaite, un échec, rappelons que jamais au long de la compétition le Paris Saint-Germain n'à cessé de se battre, et de faire vibrer les supporters. Jamais durant cette Ligue des Champions, les Parisiens ne se seront inclinés contre le Barca de Lionel Messi. Après deux fois quatre-vingt-dix minutes d'exploit, il n'y à pas de peine à ressentir. C'est au contraire une équipe francilienne soudée et vigoureuse, menée par un certain Carlo Ancelotti, qui à prouvé que le beau jeu existe encore dans l'hexagone. Nul ne peut parler de chance, les rouge et bleu ont donné une belle démonstration de football. Le regret est permis, Paris est bel et bien éliminé. Mais voilà, Paris n'a pas perdu.
Direction le Championnat de France, les yeux braqués sur le titre... En attendant l'année prochaine, en Champion's League!
Merci Paris, pour ce beau parcours !!