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Vendredi 15 Mars 2013, l’horloge pointe vers onze heures du matin en Suisse, et le monde du football européen est déjà en pleine activité. 


A Nyon, les têtes des huit derniers clubs en lice pour la prestigieuse Ligue des Champions sont rassemblées. 
L’ambiance semble faussement détendue, des sourires que l’on préfère voir crispés, un silence que l’on se dit assourdissant, et puis les premiers mots de Gianni Infantino, après son entrée sur scène.

Dès cet instant, c’est les yeux braqués sur leurs écrans que les supporters du PSG ne savent plus dire quel sentiment les domine, après dix-huit ans, nous revoilà à ce niveau du tournoi. Peur, confiance, conviction ou encore nervosité, tout est là pour encourager le passionné de ballon rond à vivre un moment d’émotion et de tension.
Résonne enfin dans nos oreilles l’hymne de la compétition, la chair de poule qui nous envahit, et c’est quand on se dit qu’on est prêts à découvrir le verdict que la réalisation nous trompe. Courts métrages sur les grands moments de la Ligue, ce sentiment de fierté quand les buts du PSG sont présentés parmi ce recueil de prouesses, on nous offre un préambule des équipes par le biais d’images grandioses, et un sourire se forme sur nos lèvres, sans qu’on ne le contrôle vraiment. On ne peut retenir le frémissement soudain, quand apparait Wembley, l’arène au sein de laquelle seuls les plus méritants auront le privilège d’y honorer leurs couleurs. 


Brutalement, le son est coupé un instant, les images disparaissent et les quelques paroles du présentateur nous les entendons sans les comprendre. 


Huit petites boules ornées d’étoiles sont logées dans une coupe de verre, et lorsque une main vient dérober la première sphère, chaque seconde parait plus longue, les battements de cœur se font pressants. Le nom de Malaga apparait, et à cet instant, on attend, même si on sait quelque part qu’il faut apprendre à jouer plus gros. «Dortmund ». Un juron, mais aussi un ouf de soulagement, la première bête Germanique ne nous tombera pas dessus. Puis, lorsque le nom de Madrid est énoncé, le stress ressurgit, la tension monte, et c’est avec effroi que l’on constate que notre deuxième chance d’éviter un ténor du football s’envole. Le Gala visitera la capitale Espagnole. 


A ce moment, les derniers calibres sont tous les mêmes, des canons pointés dans notre direction, et comme un hasard n’arrive jamais seul, c’est Paris qui est ensuite appelé. 
Les secondes, horriblement lentes, s’écoulent. Une boule est tirée, presque au ralenti, on la sort sans précipitation de son environnement, et lorsqu’elle révèle son secret, le temps que peut mettre un homme pour déplier un simple morceau de papier nous paraît irritant. Puis tout semble se dérober autour de nous, l’air se fait rare, et si certains cœurs manquent un battement, ce n’est pas injustifié. FC Barcelona. Paris jouera le Barca de Messi en quarts de finale de la Champions League. 


On se rappelle alors tous du « deux-deux » lors du tournoi de Paris, mais on le sait, ce ne sera pas le même match. Le rêve vient se mêler à la peur. On ne veut pas quitter l’univers des vainqueurs, on préfèrerait faire tomber ce géant Catalan. 
On se surprend à imaginer une victoire Parisienne, les cris, la joie l’euphorie, mais la réalité nous rattrape. Le Barca c’est quatre à zéro contre le Milan AC, le double des buts encaisses au match aller, c’est l’un des meilleurs clubs du monde du moment. Le tic, c’est que notre magicien Suédois doit manquer la rencontre au Parc, on se demande si Ancelotti saura trouver la formule.
Pourtant on frémit d’impatience, les pronostics fusent, les railleries sont là elles aussi, mais au fond, c’est le rêve qui nous anime. On a envie d’aller en demies. On n’écoute qu’à moitié la fin du tirage, ne cachant plus rien, sauf un choc titanesque opposant le Bayern a la Juve.


On y pense déjà plus, pour nous, le gros match, c’est PSG-Barcelone. Ce sera dur, ce sera un combat acharné. On le sent, les parisiens peuvent faire face. Mais surtout, jusqu’au coup de sifflet final, le rêve nous côtoiera. Apres tout, nous faisons bel et bien partie des huit grands d’Europe.