Alors que beaucoup donne le PSG favori de cette double confrontation face au Valence CF, l’expérience et la culture européenne largement à l’avantage du club espagnol sera surement une des clés essentielles pour sortir vainqueur de ce 8ème de finale bien plus piégeur qu’il ne semble l’être.
Il faut remonter à la saison 94-95 et la défaite en demi-finale face au Milan AC (0-1, 0-2) pour retrouver trace de vie du PSG au stade des huitièmes de finale de la Ligue des Champions. Treize années. Treize longues années pour les supporters parisiens à espérer voir leur équipe lutter à cœur perdu lors de ces soirées bouillantes qui ont forgé la légende de la coupe aux grandes oreilles. Treize longues années à penser au parfum de ces soirées européennes que le PSG a pourtant senti sans relâche au début des années 90. C’est désormais fait, Paris est de retour. Et sur sa route se dresse le Valence CF. Une équipe qui n’est certes plus poussé par le vent de fraicheur qui lui avait permis d’atteindre deux finales de Ligue des Champions consécutivement (2000, 2001) mais qui reste un sacré client, rompu aux joutes européennes. Gaikta Mendieta et Kily Gonzalez, les anciennes idoles de Mestalla ne sont certes plus là depuis de nombreuses années mais le club « Ché » a depuis eu le temps de s’affirmer comme un acteur majeur des campagnes européennes. Après ses deux finales, le club à la chauve-souris a compilé deux quarts de finale de C1 (2003, 2007), une victoire en Coupe de l’UEFA (face à l’OM 2-0 en 2004) et une petite demi-finale de Ligue Europa la saison dernière. Rien de très impressionnant mais une culture européenne indéniable et ô combien essentielle lorsque se profile les folles soirées printanières. Une culture européenne qui semble manquer aujourd’hui au Paris Saint Germain qui a passé plus de temps à regarder ces chocs entre grands d’Europe à la télé qu’à les disputer.
Une inexpérience européenne collective qui risque de faire défaut à ce niveau de la compétition
Mais si le club de la capitale n’a quasiment pas de vécu collectif à ce niveau-là, il s’est doté depuis près d’un an de quelques joueurs de classe internationale qui au sein de leur ancien club respectif ont appris à gérer ces matches qui n’ont plus grands choses à voir avec les rendez-vous domestiques hebdomadaires du week-end. Thiago Silva en fait évidemment partie, Thiago Motta également et bien entendu Zlatan Ibrahimovic. Malheureusement, des trois cités, seul le géant Suédois sera là ce soir, avec dans sa poche une statistique inquiétante. Sur les 30 buts qu’il a inscrits en Ligue des Champions, seulement 4 l’ont été à partir des huitièmes de finale, le moment où les « Grands d'Europe » commencent à s’expliquer entre eux, le moment où chaque but, chaque geste comptent. Ibra est un extraterrestre, personne ne trouvera rien à redire là-dessus. Mais lorsque l’adversité se fait plus forte l’avant-centre suédois est souvent passé à côté. Ce soir Ibra est attendu au tournant, et il le sait. Car si il a été recruté l’été dernier par QSI pour faire passer le PSG dans une nouvelle dimension, on ne lui pardonnera surement pas plus de deux saisons une possible inefficacité en match à élimination directe face aux plus grandes écuries européennes. Lui qui est venu au PSG pour « gagner la Ligue des Champions », comme il le déclarait à son arrivée en juillet dernier, va jouer très gros ce soir. Car autant il peut être facile pour un joueur de son talent de planter pion sur pion en marchant et avec une nonchalance déconcertante face à aux faibles équipes qui constituent notre chère Ligue 1, autant il est tout à fait autre chose de faire gagner son équipe lors de ces terribles matches aller-retour comme la Ligue des Champions sait nous en offrir.
Mais depuis le début de saison, il semblerait que le comportement de Zlatan et plus généralement des joueurs parisiens est bien meilleur lorsque résonne la petite musique de la Ligue des Champions avant le coup d’envoi du match. Montrant davantage de concentration, de détermination, d’implication, les joueurs parisiens sont parvenus à élever leur niveau de jeu en imposant un plus gros rythme qu’ils ne le font en championnat comme ce fut le cas face à Porto ou Kiev au Parc. Il faudra au moins retrouver la même attitude que face à Porto en décembre dernier pour venir à bout de ce Valence CF qui n’a jamais perdu de son histoire à Mestalla face à un club français en huit confrontations. Pire. En 16 affrontements avec un club de l’hexagone, les Valenciens n’ont d’ailleurs connu qu’une seule fois la défaite, le 9 avril 1980 face au FC Nantes Atlantique (2-1)…
Le PSG n’a lui jamais affronté le club « Ché » en compétition officielle, mais en revanche il s’est imposé lors de leur seule unique confrontation en amicale à l’occasion de l’Emirates Cup en 2007 (3-0) grâce à des buts d’Amara Diané, David Ngog et Puguy Luyindula. Aujourd’hui valenciennois, Younousse Sankharé avait été l’auteur d’une prestation énorme. Sylvain Armand et Mamadou Sakho doivent toujours l’avoir en mémoire.
Allez Paris.