Au lendemain de la 34ème journée de Ligue 1, il y avait deux types de supporters : d'un côté, les Parisiens, abattus, sonnés et déçus ; de l'autre, les Montpellierains, rêveurs, et pleins d'espoirs, se voyant même déjà fêter le titre sur la place de la Comédie. Oui, mais qu'on se le dise, une vérité la veille peut devenir un mensonge le lendemain. C'est le football, « c'est bizarre » dirait un certain Ancelotti.
Paris et Montpellier, la capitale contre la province, « l'argent contre la passion », deux clubs antithétiques aux visions et ambitions bien différentes, qui luttent sans relâche depuis de nombreuses semaines pour s'adjuger le gain du titre. C'est un combat bien déséquilibré, tant l'on peut sentir le soutien sans limite et inconditionnel, affiché et apporté au club sudiste. Pour rappel, 75% des français souhaitent voir le club de « Loulou » Nicollin remporter le sacre de Champion, l'ensemble des clubs de notre bon vieux championnat suivent cette tendance. La presse sportive ? Elle est le symbole de ce clivage. Et la Ligue ? Il suffit de se tourner vers les sanctions infligées par la commission, les reports de match, et l'arbitrage depuis le début de la saison pour pouvoir répondre à cette question.
MHSC-ETG : Un scandale ?
En avant première de la 35ème journée, MHSC-ETG, une première dans l'histoire, diffusée en prime time sur Canal+. Ce match « historique » était l'occasion pour les hommes de René Girard de mettre les Parisiens à 8 points, un écart considérable avant de recevoir Saint-Étienne. C'était sans compter sur l'abnégation, le courage, et la force mentale des valeureux et opportunistes hauts-savoyards qui en avaient décidé autrement. Contre vents et marées, les visiteurs ont bataillé durs tout au long des 98 minutes de jeu pour obtenir le gain du match nul, qui, il faut le reconnaître, aurait du avoir le titre de victoire. Sans la médiocrité du corps arbitral, Evian repartait indubitablement avec les 3 points.
La France du football, émerveillée par la saison montpellieraine, n'a pu que constater les largesses du corps arbitral et son parti pris. Cette rencontre est tout bonnement une honte pour le monde du ballon rond. Certains ne reconnaîtront sûrement pas les défaillances de l'homme en noir et ne retiendront que l'incroyable force de caractère du club sudiste pour arracher le nul. Car hier soir, le MHSC n'a pas perdu 2 points mais gagné un point. Quant à l'arbitre, il montre une fois de plus qu'il n'a décidément pas le niveau. Et l'on se demande encore pourquoi il n'y a pas d'arbitre français à l'euro...
Les faits de jeu :
44ème minute de jeu, Monsieur Thual accorde bien généreusement un penalty à Montpellier pour une faute du gardien de but, Andersen sur Giroud. Le penalty peut s'accorder.
84ème minute, Giroud sert Camara HORS-JEU dans la surface. Ce dernier lui remet seul face aux cages vides de Andersen. Le but est bien évidemment accordé.
94ème minute de jeu, alors que l'arbitre n'avait indiqué que 3 minutes de jeu supplémentaires, Cabella nous gratifie d'une SIMULATION intelligente pour reprendre les commentaires de Canal+. Alors que le temps est écoulé depuis une minute maintenant, l'arbitre n'hésite pas à montrer le point de PENALTY. Celui sera finalement arrêté par Andersen...
A noter également le but de Sagbo (ETG) REFUSÉ pour un HORS-JEU IMAGINAIRE, la situation est plutôt cocasse...
La déclaration de Pierre Menes :
Pierre Menes, assez brut de décoffrage généralement, ne mâche pas ses mots : « Et dans tout ça, on peut dire qu'Evian a été volé avec le 2e but Montpelliérain sur lequel Camara est hors-jeu, le but du 3-2 refusé à Sagbo pour un hors-jeu inexistant cette fois, et ce 2e pénalty sifflé au-delà du temps additionnel. Les erreurs d'arbitrage sont dommageables toute l'année, mais elle font encore plus mal lorsqu'elles faussent le résultat d'un match dans le money time de la saison. »
Selon les goûts, certains diront que l'arbitrage était pro-montpellierain, d'autres anti-parisien. Mais finalement, peu importe. Ce match est peut être le tournant de cette fin de championnat. Et si les supporters du club de la capitale pouvaient se remettre à espérer, mieux à rêver. Car une victoire ce soir face à Saint-Etienne, et le sprint est relancé.
Mais cette fois-ci, les données seront bien différentes : Belhanda a écopé d'un rouge (suspension d'office) + 3 cartons jaunes en moins de 10 matchs pour la seconde fois de l'année, sa saison est sans doute terminée. Estrada est convoqué cette semaine devant la commission. D'autre part, le calendrier des sudistes semble bien plus compliqué que celui des Parisiens puisqu'ils iront à Rennes, recevront Lille avant de se déplacer à Auxerre.