Pascal Praud est inquiet. Pour lui, le PSG domine la ligue 1, et cela va provoquer un problème de suspens.
« Le PSG affole les statistiques. Sa domination inquiète. En Angleterre, quatre équipes se disputent le titre depuis des années, déclare t-il. En Italie, elles sont trois et deux en Espagne ou en Allemagne. En France, qui concurrencera le PSG demain ? Quel sens aura le championnat de Ligue 1 si Paris écrase la compétition d’août à mai ? Les matches du PSG en province rempliront les stades comme la tournée du Bolchoï ou les Ballets Russes. Ce soir dans votre ville, pour l’unique fois de l’année, représentation exceptionnelle : ne manquez pas Carlo Ancelotti et sa troupe. Mais une fois le PSG passé, que restera-t-il du spectacle de la Ligue 1 ? Le sport fonctionne avec le suspense. L’incertitude de la deuxième place est un dîner sans entrée, sans dessert, sans café et sans vin. C’est fade. En 1991, la suprématie de l’Olympique de Marseille convainquit Canal + de monter une équipe. Le PSG de Michel Denisot fut mieux qu’un sparring-partner. Pas de foot sans duel. Pas de foot sans rivalité. Saint-Etienne trouva Nantes sur son chemin. Marseille et Paris ont besoin l’un de l’autre comme les cow-boys et les indiens. Qui attaquera Paris demain ? On me dit Monaco. Je n’y crois pas, écrit le journaliste sur son blog. Le PSG vampirise les magazines spécialisés et les journaux d’actualités. Le PSG est partout. Dans les cafés comme sur les réseaux sociaux. Il est l’arbre qui cache la forêt du football français mais bientôt, je crains qu’il n’y ait plus de forêt. »