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Il y a certains moments qu’un homme ne peut oublier. Généralement, ce sont ces jours qui sortent du commun, durant lesquels certaines grandes choses sont accomplies. Ce sont ces jours qui donneraient à n’importe qui l’impression que le monde entier l’envie. Ce sont ces jours qui changent la vision qu’ont les gens à propos d’un individu, ou en l’occurrence, d’un groupe d’individus. Hier soir fut l’un de ces jours à ne jamais oublier

La scène se déroule au Parc des Princes, dans la nuit du Mardi 2 Avril 2013. Le Paris Saint-Germain reçoit le F.C Barcelone pour le quart de finale aller de la Ligue des Champions. Messi avait d’abord ouvert la marque peu avant la mi-temps. Tranchant, talentueux, le petit sommet du football moderne vient voiler les rêves parisiens. Mais qui de mieux qu’Ibrahimovic pour montrer que le défi est accepté ? Certains crieront au scandale, « hors-jeu ! » diront-ils, mais ils le savent, le but est mérité. Largement. 

Il ne reste plus qu’une minute dans le temps réglementaire quand l’arbitre accorde un penalty aux Catalans. Soudainement, un flop se fait ressentir, une pointe d’amertume s’immisce dans l’air. Les plus optimistes diront qu’il n’est pas encore au fond, les autres baisseront la tête une demie seconde, mais la relèveront dans un élan d’espoir. Xavi, tranquille, vient déposer le ballon orné d’étoiles dans les filets de Sirigu, pris par un contre-pied. Entre regrets et déception, il n’y a qu’une phrase que chacun ira timidement puiser au fond de soi-même. Le match n’est pas fini.
PSG 1, Barcelone 2.

Si lentement l’espoir semble se dérober, et que les multiples images du Camp Nou apparaissent dans nos têtes, on espère simplement tout sauf la tragédie vécue par l’AC Milan quelques semaines plus tôt, mais les quatre minutes supplémentaires sont alors quatre minutes d’espoir. Les hommes à l’étonnante parure orange n’attaquent plus, le jeu se ternit, mais les bleu et rouge n’ont rien à perdre, ils se lancent la tête la première dans la bataille. Chaque supporter y croit, le coup de sifflet final se rapproche, mais personne ne veut voir cette défaite sans une dernière offensive.

Les hommes de Carlo Ancelotti, auteurs d’un match grandiose, ont eu l’audace d’égaliser une première fois et de déstabiliser le géant espagnol, ils sont entièrement dans le match, bien loin des critiques quotidiennes du championnat français. La tour Eiffel sur la poitrine, c’est ce même monument et toute sa ville qu’ils honorent. Mais le but ne vient pas. 

Soudainement, tout se passe plus lentement. Il reste moins d’une minute de jeu, quand Jallet depuis son côté droit effectue un centre très haut dans les airs, et incroyablement lent. Plus personne n’est assis, les yeux sont plein de rêves et d’espoirs, chacun est coincé entre deux états, le suspense est immense alors que la balle retombe en direction d’Ibrahimovic, bien placé dans le camp adverse. Le suédois saute, Alves tente de le retenir, mais la tête ne part pas en direction des buts, elle retombe devant Blaise Matuidi, à l’entrée de la surface. De son pied gauche, sans se poser de questions, le numéro quatorze parisien frappe le ballon, avec toute la conviction et l’espoir que peuvent réserver les dernières secondes d’un match de cette ampleur, la frappe est cadrée.

Valdès plonge, contre le tir, et laisse la confusion faire son office. Mais moins d’une seconde plus tard, une seconde, qui fut certainement pour grand nombre des supporters, la plus longue, la plus prenante et la plus inquiétante depuis le but de Diane lors de la dernière journée de championnat a Sochaux, alors que le PSG se battait contre la relégation. 
C’est de la même manière que lentement que la sphère effectue quelques rebonds derrière la ligne de but. Le PSG égalise. A la toute dernière seconde du match.
PSG 2, Barcelone 2.

Ce qui fait la différence entre ce deux-deux et n’importe quel deux-deux, c’est l’explosion de Matuidi, c’est la joie de n’importe quel type qui voulait voir le Barca déstabilisé, c’est le sourire sur toutes les têtes de parigot. Ce qui fait la différence, c’est que nous, le jeune européen, le Paris Saint-Germain, nous sommes poussés par bien plus que l’envie. Ce qui fait la différence, c’est que ce but nous a apporté le rêve et l’émotion. Mais surtout, ce qui fait la différence, c’est que quoi qu’il en soit, l’espoir est permis!

Ce soir la fut un soir inoubliable, ce fut un soir qui sera raconté et re-raconté. Ce soir la fut un soir ou chaque supporter pourra dire plus fièrement que jamais « j’ai supporté mon club, le PSG contre Barcelone ».