On parle souvent de Vitinha pour sa maîtrise du tempo, de João Neves pour son activité infernale ou de Désiré Doué pour sa capacité à dynamiter les défenses. Fabian Ruiz, lui, fait rarement la une. Pourtant, l'Espagnol est en train de s'imposer comme un rouage essentiel du onze parisien.

Mardi soir face à Villarreal, l'ancien Napolitain a encore crevé l'écran, mais à sa manière. Un doublé, une présence constante dans l'entrejeu et ce flair unique pour pointer au bon endroit au bon moment. Logiquement sacré homme du match, il confirme qu'il traverse une période faste. Mais s'arrêter à ses deux buts serait passer à côté de son véritable impact.

Des statistiques européennes qui parlent d'elles-mêmes


Ce coup d'éclat n'a rien d'un accident isolé. Depuis plusieurs semaines, le milieu espagnol aligne les copies de haut vol. Le 14 octobre dernier contre Manchester City, il participait déjà activement au succès parisien (4-2) avec une passe décisive bien sentie. Rebelote quelques jours plus tard face au FC Barcelone, où son but en fin de match scellait définitivement la victoire des siens.

Ce qui frappe lors de ces grands rendez-vous européens, c'est sa justesse. Ruiz ne cherche ni à monopoliser le ballon, ni à multiplier les grigris. Il joue simple, juste, et ça marche. On l'a vu aussi contre Lyon : dans un match où le PSG devait absolument garder le contrôle du tempo, sa qualité technique et sa lecture du jeu ont fluidifié toutes les transmissions.

Avec son doublé contre Villarreal, il grimpe à quatre buts en quatre journées de Ligue des Champions. Un bilan assez fou pour un milieu de terrain qui, sur le papier, n'est pas censé squatter la surface adverse.

L'équilibre parfait de l'entrejeu parisien


La grande réussite de Luis Enrique cette saison, c'est d'avoir trouvé la bonne formule au milieu. 
Le trio Vitinha - Neves - Ruiz affiche une complémentarité remarquable. Le premier dicte le rythme, le second harcèle le porteur et ratisse les ballons, tandis que Fabian Ruiz assure la liaison entre tout le monde tout en se projetant vers l'avant.

Son travail est parfois invisible. Ce n'est pas le joueur qui touche 120 ballons par match ou qui tente des ouvertures impossibles. En revanche, sa science du placement est chirurgicale. Sur ses derniers buts, il ne se contente pas de recevoir le ballon : il anticipe, accompagne le mouvement et profite des brèches créées par ses partenaires pour débouler lancé, souvent totalement oublié par la défense adverse. Dans le système de permutations voulu par Luis Enrique, ce profil de joueur est une bénédiction.

La métamorphose sous Luis Enrique

Tout n'a pas toujours été simple pour l'Espagnol à Paris, souvent pointé du doigt pour son manque de régularité. Ce temps-là semble révolu. Aujourd'hui, l'international ibérique applique les consignes de Luis Enrique à la lettre. 

Il prend moins de risques inutiles, fluidifie le jeu et pèse sur le collectif. Son coach adore ce genre de profil, capable de respecter le plan tactique tout en prenant des initiatives quand le jeu l'exige.

Son apport sans ballon est d'ailleurs sous-estimé : il coupe les lignes de passe, participe activement au pressing et gêne considérablement les relances adverses. Certes, il a encore des axes de progression. Face à un pressing très agressif, il manque parfois de vivacité pour se retourner ou éliminer son vis-à-vis. 

Mais la présence à ses côtés de Vitinha et João Neves compense largement ces petites failles en lui offrant des solutions de passe immédiates.
À 30 ans, Fabian Ruiz joue libéré, avec une confiance qui transpire dans chacune de ses prises de balle. 

Il a trouvé le curseur idéal entre ses tâches défensives et ses projections offensives.
Le calendrier s'annonce dantesque pour Paris et la gestion de sa fraîcheur physique sera l'un des grands défis de Luis Enrique. Car si ses efforts répétés ne sautent pas toujours aux yeux, ils sont vitaux pour l'équipe. Longtemps perçu comme un simple joueur de rotation, Fabian Ruiz a changé de dimension. La vraie question n'est plus de savoir ce qu'il apporte quand il joue, mais plutôt de mesurer ce que le PSG perdrait s'il n'était pas là.