Une victoire, six buts –donc une rouste en fait-, une démonstration collective et des performances individuelles de haute-volée, Paris a joué au champion de France hier au Parc des Princes face à de valeureux Sochaliens. Les hommes de Carlo Ancelotti ont envoyé un signal fort aux troupes de René Girard. Le tout à une semaine d’un choc décisif à Villeneuve d’Ascq face à Lille et à cinq journées de la fin du championnat.
Dans un Parc des Princes bien garni en ce dimanche électoral, le PSG se devait de l’emporter face à Sochaux pour revenir à deux points du MHSC et conserver ainsi ses chances de remporter le titre en fin de saison. Pour mener à bien cette mission, Carlo Ancelotti a décidé de ressortir son 4-3-3 à la barcelonaise sans véritables attaquants, déjà utilisé au Parc face à Toulouse et plus récemment face à Marseille. Après l’épisode d'Auxerre, Nenê, très chahuté cette semaine est bien titulaire, tout comme Javier Pastore qui faisait son retour dans le XI aux côtés de Ménez après avoir ciré le banc de l’Abbée-Deschamps. Au milieu, Sissoko toujours suspendu, est remplacé par Bodmer évoluant avec la doublette Thiago Motta-Blaise Matuidi. Derrière, Mamad’ paie toujours les frais de la charnière centrale Alex-Bisevac, tandis que Tiéné a été préféré à Armand pour occuper le flanc gauche de la défense Rouge et Bleu laissé libre par Maxwell, blessé. Côté Sochalien, pas grand-chose à dire si ce n’est les titularisations de Maiga en pointe –qui est redevenu joueur de foot depuis qu’on lui a promis qu’il quitterait cette merveilleuse région de Franche-Comté en fin de saison- avec derrière en distilleurs de caviars Martin Marvin et Boudebouz.
Paris (re)démarre fort
Depuis plusieurs matches, Paris a pris la bonne habitude de démarrer très fort ses matches. Un pressing très haut et du jeu en mouvement, la pression est énorme sur les Sochaliens en début de match. Incapables de sortir proprement les ballons, les hommes d’Eric Hély subissent de plein fouet la furia parisienne et sont obligés d’abdiquer dès la 6ème minute. Javier Pastore plein axe sollicite un une-deux avec Motta, puis un deuxième, l’Argentin s’engouffre dans la surface de réparation, élimine Corchia puis fume Teddy Richert à bout portant du gauche. Pastore ressort de l’ombre et court embrasser sa maman au bord du terrain. Javier n’est qu’un grand enfant finalement. Un enfant qui a besoin que sa mamoune soit là pour briller de nouveau –on est déjà en train de négocier avec mama Pastore pour qu’elle assiste à chaque sortie du PSG-. 1-0 après six minutes de jeu c’est cool. Paris est bien mais Paris va se faire surprendre quelques minutes plus tard. Marvin Martin face au jeu botte une longue ouverture qui surprend Alex. Tiené lâche le marquage sur Maiga qui devance de la tête la sortie de Sirigu -un peu ratée il faut bien l’avouer-. Le portier italien n’a pas eu une intervention à effectuer qu’il va déjà chercher le cuir au fond de ses ficelles. Sochaux revient dans le match, 1-1. C’est moins cool après treize minutes de jeu. Mais Paris repart de l’avant. Pastore repris in extremis par la défense sochalienne et Ménez qui croise trop sa frappe manquent de réussite. Le match est totalement débridé, les lignes sont très espacées de part et d’autre, « ca va d’un but à l’autre mon cher Marcel » comme dirait Stéphane Guy dans un match très agréable à suivre. Les Sochaliens sont totalement décomplexés, très joueurs, ils n’hésitent pas à produire du jeu avec Boudebouz et Martin à la baguette. Marvin est dans tous les coups, côté gauche il centre pour Boudebouz en pivot qui remise de la tête vers Maiga. L’international malien enrhume Alex d’une feinte de frappe d’école puis enroule un ballon du gauche qui heurte le poteau. Paris a eu chaud mais Paris va réagir.
Le bloc d’Alex, la tête de Motta puis celle de Ménez
A la 25ème minute, sur un coup franc de la gauche vers la droite obtenu par Ménez, Nenê trouve Thiago Motta au point de penalty. L’italien totalement délaissé par son homologue sochalien grâce à un bloc à la Dwight Howard d’Alex décroise sa tête et trompe Teddy qui ne peut intervenir. Excellent hier après-midi, on a retrouvé le Thiago Motta à ses plus belles heures Nerrazurri dont on attendait tant à son arrivée en Janvier. Véritable métronome du jeu parisien, alternant changements d’ailes et jeu en une touche de balle, le numéro 28 parisien a régalé ses partenaires tout au long de la rencontre. 97 ballons touchés, 12 ballons gagnés, 97% de passes réussies ( !), 1 but, 1 passe décisive. Monstrueuse La Mott’ –désolé Marvin on a mieux… ça sent une saison supplémentaire en Franche-Comté cette histoire…Le rythme de la rencontre est un peu plus calme par la suite. Mais à cinq minutes du retour aux vestiaires, Boudebouz vient taquiner les moufles de Sirigu. La puissance, la précision, la soudaineté tout y est dans cette frappe du numéro 10 lionceau à l’entrée de la surface parisienne. Mais le portier italien réalise une magnifique horizontale et dévie le ballon en corner. Puis deux minutes plus tard c’est le véritable tournant de la rencontre. Javier Pastore caresse la gonfle au milieu du terrain et lance Tiéné côté gauche avec une merveille de passe de l’extérieur du pied. L’Ivoirien sent bien l’appel de Jérémie Ménez et centre en première intention pour l’international français qui décroise parfaitement sa tête devant Carlão. Magnifique. Ménez qui marque de la tête peu de gens savait que c’était possible. Paris fait le break et s’en va écouter la causerie dominicale de « Carlito » avec deux pions d’avance sur les potes de Marvin.
Un jeu collectif qui fait merveille
Au retour des vestiaires les Parisiens affichent le même visage collectif et solidaire qu’en première mi-temps. L'équipe parisienne est à l’aise dans le jeu et pénétre facilement dans le camp sochalien grâce notamment à l’apport des latéraux Jallet et Tiéné n’hésitant pas à apporter le surnombre en attaque comme le souhaite Ancelotti. Paris domine donc et Nenê va flamber. En moins de cinq minutes le brésilien va inscrire un doublé, son cinquième de la saison. D’abord sur un magnifique centre au second poteau de Jallet bien décalé par le changement de jeu de Ménez et un petit extérieur du pied de Bodmer. Puis sur une délicieuse ouverture de l’extérieur du pied de Jallet, le numéro 10 parisien profite du mauvais alignement de la défense doubiste pour se présenter seul face à Teddy. Le drible est réussi cette fois. Il résiste au retour de Banana et parvient à marquer du pied gauche dans le but vide. Une heure de jeu, 5-1 la messe est dite. Mais Paris ne doit pas se relâcher. Paris doit envoyer un signal fort à la concurrence en se montrant capable de mettre une fessée au Parc comme on en attendait bien plus cette saison. Paris doit aussi soigner sa différence de but moins bonne que le rival montpelliérain et qui risque de compter au moment du dépouillage final. Pastore en est le premier conscient. L’Argentin poursuit son récital. Redescendant plus bas que ses deux compères en attaque, l’ancien Palermitain joue juste et distribue des caviars à tout va. Bref c’est la démonstration et on se dit que quand ce mec décide de se bouger les fesses il n’est quand même pas comme tous les autres. Avec un Javier à ce niveau de jeu là il ne peu pas arriver grand-chose au PSG. Côté récupération, Thiago Motta et Matuidi exercent un incroyable travail d’harcèlement permanent sur les milieux sochaliens. Un chiffre : 25. Comme les 25 ballons récupérés par la doublette franco-italienne face à Sochaux –Ouaich elle est à nous la balle!-. Devant, les attaquants parisiens combinent à merveille et les occasions se multiplient comme sur cette frappe de Ménez magnifiquement lancé par une passe lobée de Pastore mais qui voit sa tentative bien sortie par Teddy. Encore un grand match au passage de Ménez qui aura surtout beaucoup tenté sa chance (7 frappes) –ça sent la consigne de Carlo- mais souvent à juste titre.
Une belle ambiance dans un Parc qui croit de nouveau dur comme fer au titre
Sochaux n’y est plus. Sans être résignés, les ouailles d’Eric Hély ont pris un énorme coup sur la tête et regardent le PSG faire tourner le ballon (59% de possession parisienne sur l’ensemble du match) aux rythmes des « Olééé Olééé Ollééé » de la foule parisienne. Il ne reste alors plus que quelques minutes à jouer dans un Parc des Princes qui chante à la gloire de ses héros. Ménez puis Nenê sortent sous l’ovation des supporters parisiens, respectivement remplacés par Horarau et Gameiro. Puis Ancelotti décide de sortir un bon Siaka Tiéné pour voir ce que peut donner Sylvain Armand dans cette fin de partie. L’ancien manager de Chelsea ne va pas être déçu. Dans les arrêts de jeu, Javier Pastore –encore lui- récupère côté gauche un centre trop long du capitaine Jallet et avec une classe folle délivre un caviar pour Sylvain monté aux avant-postes. L’ancien canari contrôle la gonfle et enchaine d’une frappe pied gauche croisée à ras-de-terre sur laquelle Teddy ne peut intervenir. 6-1 ! La fête est totale. Les supporters parisiens laissent éclater leur joie. Le PSG a selon toute vraisemblance véritablement lancé son sprint final hier avec cette 12ème victoire de la saison à domicile. Condamnés à l’emporter après la victoire de Montpellier sur Valenciennes samedi soir, les Parisiens ont répondu présent sur le terrain en infligeant une véritable gifle à Sochaux et reviennent à deux points du leader héraultais. On a évidemment assisté au meilleur match du PSG depuis l’arrivée d’Ancelotti et sans doute depuis le début de la saison. Paris en a également profité pour soigner sa différence de buts très déficitaire par rapport à celle du MHSC pour revenir sur les basques de René Girard (+28 pour le PSG contre +29 pour le MHSC).
Avec un tel niveau de jeu le PSG « n’a peur de personne » pour reprendre les termes de Jérémie Ménez une nouvelle fois très bon hier après-midi. Dominateurs dans tous les secteurs du jeu, les Parisiens nous ont offert une prestation de très grande qualité. Toujours en mouvement pour offrir des solutions au porteur de balle, les coéquipiers de Sirigu se sont comportés en véritable équipe –enfin ! Hier tout le bloc parisien a attaqué et pas seulement les trois de devant comme en témoigne l’apport offensif des latéraux, auteurs de trois passes décisives et d’un but (!). Bizarrement quand tous les joueurs se mettent au service du collectif, les performances individuelles s’en font ressentir. Nenê a définitivement mis fin à la polémique à Auxerre avec son doublé, tandis que Pastore considérablement décrié depuis plusieurs semaines a été brillant, très brillant même. Sa qualité balle au pied, sa percussion et son jeu de passe incroyablement précis nous ont rappelé le début de saison où l’Argentin éclaboussait une à une chacune des pelouses de Ligue 1 de son talent et sa classe. Mais l’essentiel à retenir est bien le niveau général de l’équipe parisienne et la performance collective. Exceptés peut-être Alex qui a –un peu- mordu la poussière en 1ère mi-temps et Bodmer un peu trop irrégulier, tous les joueurs Rouge et Bleu ont été très bons. Quelconques face à Auxerre ou Marseille, les Parisiens ont été flamboyants hier après-midi. Un changement si radical qu’il en devient presque difficile à expliquer. Certes Paris a sans doute bénéficié du caractère joueur des Sochaliens, venus au Parc pour faire du jeu. Une décision que regrettait d’ailleurs quelque peu l’entraineur doubiste à la fin de la rencontre –normal il en a pris 6- parlant de « mauvais choix tactique ». Mais cette performance, Carlo Ancelotti l’explique surtout par le changement d’attitude de ses joueurs qui ont montré bien moins de suffisance que face à Auxerre notamment : « Nous avons complètement changé d’attitude par rapport au match d’Auxerre, se réjouit ainsi l’entraîneur italien. Nous avons laissé à l’extérieur la suffisance. Les trois joueurs devant ont effectué un travail fantastique. L’état d’esprit était bon. J’espère voir le même au prochain match.» Cela tombe bien le prochain match c’est dimanche soir, Paris se déplacera à Lille pour y affronter les Dogues. Un choc qui s’annonce décisif pour l’attribution du titre de champion. Surtout quand on sait que Montpellier se rendra à Toulouse où il n’est jamais évident de prendre des points. Un premier tournant dans ce sprint final. Espérons…
Paris a en tout cas montré à Montpellier que le match nul de la semaine dernière n’était qu’un accident de parcours. En explosant le FCSM que les héraultais avaient péniblement battu à domicile (2-1) il y a quinze jours, les Parisiens ont envoyé un message très fort à la France entière. Paris se battra jusqu’au bout. Ce dimanche électoral aura sans doute vu la meilleure performance parisienne depuis l’arrivée des Quataris. Une nouvelle qui enchante le président Sarkozy qui après avoir proposé trois débats à son adversaire socialiste François Hollande, songerait à mettre en place une élection chaque semaine…