Hier soir sur la pelouse du Parc des Princes Paris a fait du Paris. Une entame de match catastrophique, une première mi-temps déplorable, une ouverture du score concédée et une égalisation dans les dernières minutes du match. Bousculés par le bloc-équipe girondin et dominés au milieu de terrain, les Parisiens ont galéré pendant tout le match.
Après la défaite face à Lyon et le nul miraculeux arraché à Caen le week-end dernier le PSG se devait de réagir dimanche soir à la maison face aux Girondins de Bordeaux. Oui mais voilà, depuis trois mois jouer ces girondins est devenu un véritable casse-tête pour les équipes adverses, rien à voir avec l’équipe dilettante du début de saison. Les Bordelais ont certes encore du mal face aux petites équipes comme en témoignent les nuls face à Ajaccio et Evian et la défaite à domicile contre Nice, mais ils ont pris la bonne habitude de croquer les gros. Bien en place tactiquement dans un 5-3-2 plus défensif, les marine et blanc ont déjà tapé Toulouse, Lyon et Lille en 2012. Les Parisiens étaient donc prévenus, ce match là allait être très loin d’une partie de plaisir.
Dans un 5-3-2 classique depuis l’arrivée du latéral droit brésilien Mariano au mercato hivernal, les Bordelais comptent sur l’apport offensif de leurs deux latéraux et la maitrise du trio Nguémo, Plasil, Obraniak pour amener le danger devant la cage parisienne. Côté Parisien, l’arbre de Noël est définitivement à la cave et Ancelotti aligne un 4-2-3-1 déjà vu avec Hoarau en pointe, Ménez, Pastore et Nênê en soutient et la paire Sissoko-Thiago Motta pour faire régner l’ordre au milieu de terrain.
Une première mi-temps catastrophique
Dès le début de la rencontre les Bordelais pressent très haut les Parisiens et récupèrent facilement le ballon. Les joueurs de Carlo Ancelotti n’aiment pas ce pressing haut on l’a vu la semaine dernière à Caen. Ils ne parviennent pas à s’en sortir et à mettre le pied sur le ballon. Sans être dangereux, les Aquitains dominent et essayent de mettre en place leur jeu collectif. La bataille du milieu de terrain est pour le moment remportée par les ouailles de Francis Gillot. Nguémo est très précieux en sentinelle juste devant la défense, Obraniak et Plasil, tous deux une nouvelle fois très bon hier soir éclairent le jeu bordelais. Les deux latéraux Mariano et Trémoulinas partent régulièrement dans le dos de Ménez et Nênê et apportent le surnombre dans la moitié de terrain parisienne. Sur l’une de ses infiltrations, Trémoulinas centre à ras-de-terre pour Plasil qui reprend de l’intérieur du pied au point de penalty mais Sirigu est impeccable. Premier frisson girondin.
Entre-temps Momo a déjà pris son carton hebdomadaire pour un tacle en retard. Le jeu collectif parisien est une nouvelle fois sans intérêt. Pas de mouvement, pas de décalage et des bonnes passes qui se font rares. On commence à voir le traquenard se profiler. Lents, paraissant empruntés physiquement et ne parvenant pas à mettre du rythme dans la rencontre, les Parisiens n’y sont pas. Individuellement ce n’est pas folichon non plus : Hoarau ne pèse pas bien lourd sur la défense girondine, Nênê, Pastore et Ménez multiplient les touches de balle, ralentissent le jeu parisien et n’arrivent pas à jouer simple. Plus bas, ce n’est pas mieux. Thiago Motta et Sissoko sont imprécis. Il n’y a bien que Christophe Jallet qui tente d’apporter de la percussion sur son aile. Avec leur jeu stéréotypé dans l’axe, les bleu et rouge viennent buter inexorablement sur la défense à cinq girondine bien regroupée dans l’axe. Le cœur du jeu est très densifié mais les Parisiens n’essayent que très rarement de passer par les cotés et de centrer. C’est pourtant sur l’une de ces actions que le PSG manque d’ouvrir le score mais Nênê n’arrive pas à reprendre un centre venu de la droite de Jallet. Incapables de se montrer dangereux dans le jeu, les joueurs de la capitale s’en remettent aux coups de pied arrêtés : sur un premier coup-franc Nênê envoie une première mine dans le mur, et sur un second toujours frappé par l’ancien monégasque, Alex pourtant seul face aux buts saute les yeux fermés et ne voit pas sa tête passée de peu à côté…
Carrasso n’a pas beaucoup de boulot, en attaque Maurice-Belay et le remplaçant de Gouffran blessé, Diabaté –sorte de Peter Crouch malien- n’ont pas beaucoup l’occasion de s’illustrer. Mais ca Francis s’en tamponne il avait prévenu tout son monde au micro de Paga juste avant le coup d’envoi « On va essayer d’être solide derrière, de ne pas prendre de buts et pourquoi pas en marquer un en contre-attaque. » Ambitieux comme projet. Pourtant le PSG est bien plus en difficulté que Bordeaux dans cette première mi-temps étrangement similaire à celle proposée le week-end dernier à Caen. En somme poussifs, les Parisiens rejoignent les vestiaires sous les sifflets mérités du Parc des Princes.
Trémoulinas, meilleur joueur sur la pelouse, a posé d’énormes difficultés aux Parisiens
A la mi-temps, Ménez qui a pris un petit coup au tibia mais surtout peu préoccupé par les tâches défensives hier soir est remplacé par Matuidi. Ancelotti joue les pères Noël et ressort son sapin. Pastore et Nênê sont replacés derrière Hoarau et le milieu de terrain à trois est désormais composé de Matuidi, Thiago Motta et Momo Sissoko. La réaction est immédiate. Le bloc parisien est très haut et pose de grosses difficultés à l’équipe bordelaise. Les Parisiens sont plus tranchants, prennent plus de risques et se procurent par l’intermédiaire de Sissoko une énorme occasion. A l’entrée de la surface de réparation le ballon revient sur le franco-malien qui arme une puissante demi-volée de l’extérieur du pied droit mais le portier girondin se détend bien et écarte le danger –avec beaucoup de réussite il faut bien le reconnaitre. Cinq minutes de domination, une occasion et puis c’est tout. Paris retombe dans ses travers. Bordeaux reprend confiance. Trémoulinas, décidemment intenable hier soir nous refait le coup du piston en alternant apport offensif et repli défensif précieux. De loin son meilleur match depuis qu’il s’est fait attrapé bourré par la patrouille bordelaise. Comme quoi. RIP George Best. Nguémo est toujours aussi vif à la récupération tandis que Plasil et Obraniak continuent à monter en température. Devant, avec ses faux airs d’Adebayor, Diabaté n’est pas si mauvais que ça et de son côté Maurice-Belay fait du Maurice-Belay. Ce qui se résume principalement à courir très vite avec le ballon, droit devant, sans lever les yeux et dans le but inavoué de trouver une touche ou d’attendre le soutient de ses coéquipiers. Pénible le mec.
La barre de Sirigu retarde l’échéance
Mais ça marche ! Et la barre de Sirigu peut en témoigner. A la 73ème minute, Nicolas, le fils de Florian Maurice et de Joachim du Bellay déborde sur le flanc droit et sert en retrait Plasil à l’entrée de la surface de réparation. Dos au but, le tchèque se retourne et fracasse la barre de la cage parisienne avec son pied droit. Paris ne pourra tenir bien longtemps. Quatre minutes en fait. Sur une action qui résume parfaitement la rencontre. Les Parisiens sont aux abords de la surface de réparation bordelaise mais perdent le ballon et Carrasso relance son équipe. L’équipe parisienne est coupée en deux, le bloc-équipe est beaucoup trop étiré, il n’y a aucun liant entre les lignes et les Bordelais vont remonter tout le terrain avec une facilité déconcertante. Obraniak sert tranquillement Maurice-Belay, parti dans le dos de l’inquiétante charnière Alex-Sakho qui jouait alors le hors-jeu. L’ancien sochalien se présente face à Sirigu et sert sur un plateau Diabaté qui n’a plus qu’à pousser la gonfle dans les buts vides. 0-1. Et le pire c’est que c’est mérité.
Une nouvelle fois Paris réagit
A ce moment là, on voit mal comment ces Parisiens apathiques pourraient revenir au score. Ancelotti a sorti Sissoko quelques minutes auparavant pour faire entrer Gameiro et passer en 4-4-2. Mais ce troisième schéma tactique du match ne change pas grand chose. Pourtant Paris va une nouvelle fois réagir comment il en a pris l’habitude depuis plusieurs matchs. Une spécialité maison. En manque flagrant d’inspiration et de créativité dans les 30 derniers mètres adverses depuis le début de la partie, les Parisiens vont marquer grâce à un geste génial de Bodmer entré quelques minutes auparavant à la place d’un Nênê en méforme. A la 81ème minute, Motta trouve Bodmer à l’entrée de la surface de réparation bordelaise, l’ancien Lyonnais nous délecte d’une sublime déviation en talonnade qui tombe dans les pieds de Guillaume Hoarau. Le réunionnais contrôle le cuir et fusille du gauche un Carrasso qu’on a connu plus décisif. 1-1 ! Les supporters parisiens se prennent à rêver d’une nouvelle victoire arrachée dans les dernières minutes mais sur l’action suivante le Peter Crouch malien est à deux doigts (ceux de Sirigu en l’occurrence) de doucher le Parc. Paris essaye de pousser mais n’arrive pas à se montrer dangereux et passe même très près de la correctionnelle dans les arrêts de jeu: à la suite d’une glissade de « Captain Mamad’ », pas au top hier soir, Plasil récupère le ballon et centre à ras-de-terre pour Ben Khalfallah repris in extremis par Tiéné. L’impétueux Christophe Dugarry criera au penalty sur Canal mais l’arbitre Lionel Jaffredo alias « la Jaffred’ » ne l’entend pas de cette oreille. La vérité est ailleurs. En 51 matchs sous les couleurs bordelaises, Fahid n’a marqué qu’un but, pas mal pour un milieu offensif. On en restera là.
Aucune amélioration dans le jeu, au contraire…
Hier soir Paris a donc laissé son fauteuil de leader à son rival héraultais. L’inquiétante prestation parisienne ne restera pas dans les annales et l’égalisation dans le dernier quart est cette fois-ci beaucoup moins savoureuse que celles de ces dernières semaines. Les Parisiens ont tout simplement raté leur match face à une équipe bordelaise sérieuse et appliquée. Incapables une nouvelle fois de créer du jeu et de se procurer plus de trois occasions de but, ils ont semblé manquer de motivations et d’envie. Un collectif toujours aussi bancal, une équipe coupée en deux entre ceux qui attaquent et ceux qui défendent, et des performances individuelles bien en deçà de ce que l’on est en droit d’espérer de tels joueurs (Pastore !). Les points négatifs sont nombreux. Sur ses trois derniers matchs, l’équipe parisienne n’en a pas gagné un. Il faut remonter au mois de Novembre pour retrouver une telle série (Bordeaux, Nancy, Marseille, Salzbourg) qui avait alors été fatale à Kombouaré.
Mais le PSG compte toujours le même nombre de points que Montpellier. Et même en étant mauvais, il a une nouvelle fois évité la défaite pourtant méritée. De quoi continuer à rêver, à condition de montrer autre chose la semaine prochaine à Nancy.