Le journaliste de RMC Daniel Riolo revient sur la finale d'hier soir sur son blog.
Grande déception des supporters parisiens, qui ont vu leur équipe dominer la rencontre mais qui n'a pas su être efficace, notamment à cause d'un Guillaume Hoarau pas au niveau. C'est un match à l'image de la saison. Dominer n'est pas gagner !
« Il fallait remonter loin (les éditions 93 et plus sûrement 91) pour trouver trace d’une finale de Coupe de France opposant deux équipes du top 5 de L1. PSG/Lille, c’était donc un sommet, mais en forme de parenthèse pour ces deux clubs qui ont encore d’autres beaux objectifs à atteindre cette saison. PSG/Lille, c’était aussi une finale prometteuse en termes de jeu.
Le probable futur champion est comme d’habitude en 433. Balmont absent, c’est le jeune Gueye qui joue. On dit beaucoup de choses positives sur lui. Ça tombe bien, une finale de Coupe au SDF, ça permet de faire un bilan de compétences. En face, Kombouaré, qui reste sur deux matches mal maîtrisés, aligne son équipe des « grandes occasions ». Un 4231 avec Bodmer derrière Hoarau. Jallet est remplacé à droite par Giuly. L’aspect est forcément plus offensif, moins rassurant en phase défensive. Quand on assiste à un tel événement, on peut se demander comment cette compétition peut être, dans l’esprit de certains, sous estimée. Le SDF plein, les deux virages qui se font face, le protocole, bref c’est beau et le côté traditionnel de cet événement me plaît bien. Et si le speaker ne se sentait pas obligé de « footixer » l’ensemble, ça serait même parfait ! L’idée selon laquelle le LOSC est « logiquement » favori est discutable. Contre les « gros » du championnat, le PSG me semble s’être mieux comporté que son adversaire du soir. Reste que c’est le LOSC qui entre le mieux dans cette finale en monopolisant le ballon, empêchant le PSG d’aligner deux passes. Les débats s’équilibrent toutefois assez vite. Des deux côtés, plus que par du jeu posé, c’est suite à des ballons de récupération qu’on porte le danger chez l’autre. Il y a en tout cas une réelle volonté de jouer vite et de ne pas attendre. C’est moins vrai dans le dernier ¼ de la première période. Le rythme baisse alors sensiblement. Ça ressemble d’un coup à un banal match de L1.
Dès l’entame de la seconde période, le PSG semble vouloir prendre les choses en mains. Le pressing parisien est efficace, c’est Lille qui est à présent contraint de subir. Rudi Garcia effectue alors un changement surprenant. De Melo remplace le jeune Gueye. Le LOSC joue dans un 4231 très offensif. Hazard discret jusque là se place derrière la pointe pour avoir plus de liberté. Sow et Gervinho sont sur les côtés. Lille veut assurément monter d’un cran. Garcia veut mettre fin à la domination parisienne. La riposte de Kombouaré est quasi immédiate. Si Lille se déséquilibre vers l’avant, alors Paris aussi. Erding remplace Bodmer. C’est presque deux 424 qui s’opposent. Les changements ne modifient rien, le PSG est supérieur, mais comme souvent ne concrétise pas. Le problème c’est la pointe. Hoarau n’est pas au niveau de ses coéquipiers. Garcia a cependant plus de possibilités. Obraniak vient apporter sa touche technique au milieu, et son pied gauche sur coup franc. Ça sera décisif. La fin de match est extrêmement tendue. La partie devient indécise car le PSG a toujours cette tendance à laisser des espaces importants. Et sur coup franc, suite à une faute un brin ridicule de Tiené, Obraniak marque. Une sorte de corner direct qui laisse immobile Coupet et ses défenseurs. Une grosse erreur de Coupet ? Probablement. Dans cette fin de match désormais folle, Coupet arrête même un penalty. Une sorte de grand n’importe quoi, presque symbolique de ce qu’a souvent fait Paris cette saison. Un PSG qui va devoir vite se relever pour ne pas devenir le grand looser de l’année. Le LOSC, lui, tient son trophée et file vers un beau doublé. »