Si Bruno Roger-Petit ne remet pas en cause les qualités d'entraineur de Laurent Blanc, le journaliste se montre sceptique sur les compétences de l'ancien selectionneur des bleus à gerer un groupe doté de stars et d’égos.
« Après une semaine folle où le PSG a eu pour entraineur, une heure, une minute, une seconde, Villas-Boas, Capello, Rijkaard, le voici en fin de semaine équipé de Laurent Blanc. Oui, Laurent Blanc, l’homme qui ne fut pas reconduit à la tête de l’équipe de France après le triste Euro 2012 et une gestion des effectifs de l’équipe de France terne et sans relief, l’homme qui ne sut pas empêcher Nasri de céder à ses vieux démons ou calmer les enfantillages de Menez. Ce n’est pas le supposé manque d’expérience de Laurent Blanc qui pourrait effrayer les supporters parisiens, cet argument n’en est pas un. Comment devenir un entraineur de premier rang si l’on entraine jamais des équipes de premier rang ? Laurent Blanc ne mérite pas un mauvais procès en manque d’expérience. Passons donc au sujet suivant. Non, le problème de Laurent Blanc, c’est la gestion psychologique des égos. Si Laurent Blanc est intelligent, on le pressent un tantinet dilettante, plus préoccupé de l’organisation de ses parcours de golf que de la transformation de ses joueurs en machines de guerre. »
« Posons alors la question qui fâche : Laurent Blanc saurait-il s’investir dans la gestion d’égos complexes, démesurés et omnipotents des principaux joueurs vedettes du PSG ? Aborder ce sujet, c’est inévitablement s’interroger sur le cas le plus emblématique du club parisien en la matière : Zlatan Ibrahimovic. Le suédois est une star de l’époque. A la fois arrogante, égotique, dotée d’un charisme impressionnant, sorte de Gladiator des temps modernes, mais tout aussi sensible, enfantine, parfois fragile, comme en témoigne sa colère contre Leonardo le soir du sacre de Champion de France à Lyon, quand il reprocha à son manager général de l’avoir oublié au contrôle antidopage pendant que tout le monde fêtait le titre sans lui. Contrairement aux interprétations de l’époque, ce n’était pas, en l’espèce, la manifestation d’un caprice de star, mais la colère d’un gamin privé de sortie de manière injuste et qui se révoltait. Laurent Blanc serait-il capable de gérer une personnalité aussi complexe, sans céder à tous les caprices qui en ferait une enfant roi tout en la plaçant dans des conditions de confort psychologique maximales ? La réponse à cette question dépend de deux facteurs. Le premier : que Laurent Blanc soit un manager équipé des outils nécessaires à ce type de gestion. A ce jour, la question est pendante depuis l’Euro 2012. Le second : quand bien même Laurent Blanc serait doté des compétences nécessaires, aurait-il envie de de livrer à ce travail prenant, permanent et harassant, qui représente pourtant de nos jours 90% du travail de l’entraineur moderne ? »