Le PSG face au Havre - Crédit : A.MEUNIER/PSG
Au lendemain du nul entre Strasbourg et Lens, le Paris Saint-Germain a parfaitement saisi l’opportunité de prendre le large en tête de la Ligue 1. Malgré une fin de match haletante, les hommes de Luis Enrique repartent avec l’essentiel : les trois points et une avance de quatre unités au classement sur le RC Lens.
Bradley Barcola, le nouveau visage du n°9
L’enseignement majeur de cette rencontre réside dans la mutation de Bradley Barcola. Aligné dans l’axe,comme le faisait son coach Thierry Henry en équipe de France Espoir. Le jeune attaquant ne se contente plus d’être un ailier de débordement. Buteur de la tête et poison permanent par ses appels en profondeur, il fluidifie tout le bloc offensif. Comme il l’a reconnu lui-même : « On aurait dû se mettre à l’abri plus rapidement », mais son rôle d’attaquant de profondeur est devenu la clé du système parisien face au Havre.
Le facteur Safonov : Le rempart enfin décisif
Souvent critiqué, le portier russe a été l’homme qui sécurise les trois points. Sa manchette magistrale face à Issa Soumaré en seconde période est le tournant du match. Sans cet exploit, Paris aurait concédé un nul frustrant. C’est l’enseignement défensif du jour : le PSG peut compter sur un gardien capable de gagner des points quand l’attaque piétine.
Kang-In Lee, l’architecte hybride
Le Coréen semble avoir trouvé sa place dans le logiciel Luis Enrique. Son rôle hybride fait un bien fou au système du coach espagnol. Passeur décisif sur une inspiration lumineuse, il est le moteur créatif de l’équipe. S’il doit encore épurer sa finition (l’immanquable raté avant la pause), sa complicité technique avec Barcola est le grand motif de satisfaction du soir.
Le mal récurrent des penalties : L’avertissement de Lucho
C’est la statistique noire de la saison : avec l’arrêt de Mory Diaw face à Désiré Doué, le PSG affiche désormais 50% d’échecs sur penalty. Une fébrilité qui agace Luis Enrique, lequel n’a pas caché son exigence après la rencontre :
« C’était difficile. On a mérité notre victoire, on rate un penalty. On doit être plus précis devant le but si on veut finir un match tranquille ici au Havre. »— Luis Enrique
Une souveraineté à confirmer
Le PSG a pris la mesure du Havre avec sérieux, mais a manqué de cynisme. Entre le but refusé à Dro Fernandez et les erreurs techniques de Vitinha par manque de fraîcheur , les Parisiens ont laissé le HAC en vie trop longtemps. Illya Zabarnyi le concédait : « Ce n’est jamais facile de jouer ici », mais pour les joutes européennes à venir, cette incapacité à « tuer » le match plus tôt reste un axe de progression majeur.
Le bilan est clair : le PSG s’échappe en tête avec 4 points d’avance sur Lens. La mission comptable est remplie, mais Luis Enrique attend désormais plus de “réalisme”devant le but pour s’éviter des fins de matches stressantes.
Matthieu Josin