Une fébrilité défensive qui ne l'était clairement pas l'an dernier
Le Paris Saint-Germain verra bien les huitièmes de finale de la UEFA Champions League, mais sa qualification face à l’AS Monaco a laissé des traces. Bousculés jusqu’aux dernières secondes lors du barrage retour, les Parisiens ont affiché des signes de fragilité défensive inhabituels.
Sur le plan purement statistique, la situation n’a rien d’alarmant : un peu plus d’un but encaissé par match cette saison, un volume de tirs cadrés concédés comparable à celui de l’exercice précédent. Des chiffres qui, à première vue, ne traduisent pas un effondrement. Pourtant, le ressenti visuel est tout autre. Les confrontations face à Monaco (3-2 ; 2-2) et la défaite contre Stade Rennais FC (1-3) ont mis en lumière des largesses inquiétantes.
Il y a quelques mois encore, Paris était perçu comme une référence en matière d’organisation défensive. Aujourd’hui, l’édifice semble se fissurer.
Une intensité en net recul
La première explication réside dans la baisse d’intensité collective. La saison passée, les hommes de Luis Enrique avaient impressionné par leur pressing étouffant, leur contre-pressing agressif et leur capacité à maintenir un rythme infernal sur 90 minutes. Chaque ligne participait à l’effort, réduisant considérablement l’exposition de la défense centrale.
Cette année, ces séquences existent encore, mais elles sont trop sporadiques. Rarement sur l’ensemble d’un match, encore moins sur la durée. Le récent Classique remporté avec autorité a rappelé le potentiel intact de cette équipe, mais il demeure une exception.
Le repli défensif est moins tranchant, les attaquants et milieux récupèrent moins de ballons hauts, et mécaniquement, la défense se retrouve davantage exposée. Derrière, les espaces s’ouvrent plus facilement, les duels sont moins dominés.
Au-delà du physique, la dimension mentale entre en jeu. Après une saison marquée par une moisson de trophées, une forme de relâchement semble perceptible. Moins de mordant, moins « les crocs », comme si la décompression post-triomphe avait laissé des traces. Même si, dans les grands rendez-vous, ce groupe conserve un ADN compétitif fort et nourrit l’ambition de conserver son titre européen.
Des cadres en dessous de leurs standards
Autre facteur : la méforme de plusieurs individualités à vocation défensive.
Si Nuno Mendes reste globalement fiable malgré quelques accrocs, d’autres cadres traversent une période plus contrastée. Willian Pacho apparaît moins dominateur dans les duels. Quant à Marquinhos, son leadership ne suffit plus toujours à compenser un impact athlétique en léger déclin face aux exigences du système.
Le cas Vitinha illustre aussi cette période de flottement. Moins influent dans la maîtrise du tempo, le Portugais traverse un passage plus délicat. Mais l’absence prolongée de Fabián Ruiz pèse sans doute encore davantage. Au-delà de sa qualité de projection et de passe, l’Espagnol offre un équilibre précieux dans l’entrejeu. Son association avec João Neves et Vitinha constituait le trio le plus complémentaire du milieu parisien. Sans lui, l’axe perd en stabilité, et la défense en protection.
Des doublures qui ne rassurent pas
Enfin, la profondeur de banc interroge. Le quatuor titulaire composé d’Achraf Hakimi, Marquinhos, Pacho et Nuno Mendes a creusé un écart significatif avec ses remplaçants.
Lucas Beraldo a montré des limites dans les rendez-vous majeurs. Illia Zabarnyi, recruté pour préparer l’avenir, peine à s’imposer durablement. La seule alternative convaincante a été l’intérim de Warren Zaïre-Emery sur le flanc droit.
Le problème devient structurel lorsque les titulaires baissent de régime mais que le staff ne dispose pas d’options suffisamment crédibles pour instaurer une rotation forte. Luis Enrique se retrouve alors contraint d’aligner ses cadres, même en méforme relative, faute de solutions pleinement fiables.
Un équilibre à retrouver d’urgence
La fébrilité actuelle du PSG ne tient donc pas à un effondrement brutal, mais à une accumulation de détails : intensité en baisse, protection du milieu affaiblie, cadres moins dominants et concurrence limitée derrière.
À l’approche des échéances décisives, notamment européennes, le club de la capitale devra rapidement retrouver son socle défensif. Car au plus haut niveau, la moindre faille se paie cash.