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Supporter du PSG depuis l’enfance, BR10 a vécu le premier sacre européen du club comme « la plus belle émotion » de sa vie. Pour Le Meilleur du PSG, le créateur de contenu revient sur cette soirée historique, évoque les figures qui incarnent selon lui le renouveau parisien et partage son regard sur la finale à venir face à Arsenal. Une discussion sincère avec un amoureux du Paris Saint-Germain qui rêve déjà d’écrire un nouveau chapitre de l’histoire du club.
Comment tu as vécu la finale de l’année dernière ?
« Franchement, encore aujourd’hui, je pense que c’est la plus belle émotion que j’ai ressentie dans ma vie. Bien plus que 2018. Pourtant, en 2018, j’étais quand même très, très heureux. J’avais eu le bac et la Coupe du monde la même année, c’était dingue. Mais là, c’est le rêve. Le rêve depuis que je suis le football. Quand j’étais petit, si on m’avait dit que le PSG gagnerait la Ligue des champions, je n’y aurais même pas cru ».
Tu étais où ? Quelles émotions tu as ressenties ?
« J’étais dans une fan zone avec écran géant, au nord-est de Paris, vers Pantin je crois. C’était très cool. On a passé toute l’après-midi là-bas, puis la soirée. Il faisait très chaud. Après le match, on a pris des taxis pour aller dans Paris, à Bastille, à République, un peu partout pour faire la fête. J’ai pleuré. À partir du 4-0, j’ai pleuré. J’étais avec plusieurs amis, dont un pote à moi qui est supporter du Barça. À chaque fois, on regarde la Ligue des champions ensemble. Lui, il m’avait déjà vu pleurer pour des défaites, notamment après une élimination en 2017.
À partir du 2-0 puis du 3-0, il me faisait des câlins en me disant : « Tu le mérites, tu le mérites. » Mais moi je répondais : « Les gars, ce n’est pas fini, on va se faire remonter. » J’étais incapable d’y croire. Et puis au 4-0, j’ai craqué. J’ai repleuré, comme beaucoup de gens. Et ce qui m’a vraiment eu, c’est de voir Marquinhos pleurer. Franchement, quel homme, Marquinhos ».
Justement, que penses-tu de Marquinhos ?
« Je trouve que c’est vraiment l’image du supporter du PSG. On s’identifie beaucoup à lui parce qu’il a traversé toutes les périodes du club. Il a connu les grandes désillusions, les critiques, les échecs, et aujourd’hui il est toujours là, capitaine, dans ce renouveau du Paris Saint-Germain.
Il en a pris des critiques, et parfois elles étaient justifiées. Quand tu repenses au match contre le Real Madrid, quand Benzema met son triplé, c’est une catastrophe pour lui. Mais justement, c’est ce qui rend son parcours beau. Il a su rebondir.
On s’identifie plus facilement à lui qu’à une superstar. Il est là depuis longtemps, il a vécu toutes les étapes avec le club. Et forcément, en tant que capitaine, il a une relation particulière avec les supporters ».
Penses-tu qu’un deuxième sacre en Ligue des Champions pourrait entraîner la même joie ?
« Franchement c’est dingue mais je sais pas. Forcément je serais hyper heureux, mais en demi-finale face au Bayern, j’étais très excité du match retour ou du match aller, alors qu’avant j’étais très stressé des matchs. Et maintenant tu as envie que le match se déroule. Je suis trop confiant.
Ça change un truc en moi. Ça ne m’enlève pas le plaisir pendant le match, mais ça m’enlève un peu tout le stress. Et ça m’enlève aussi une sorte de naïveté, de candeur. C’était la première fois. Je sais que je vais être heureux si on la gagne, mais est-ce que j’en serais à pleurer comme la première fois ? Je sais pas. Peut-être pas autant ».
Et est-ce qu’au début de saison, tu t’imaginais vivre une deuxième finale de Ligue des Champions ? Quand tu voyais les prestations du Paris Saint-Germain, est-ce que tu te disais : là on peut aller peut-être au bout une deuxième fois, ou au moins en finale ?
« Au tout début de saison, franchement oui. Ça ne m’aurait pas étonné que tu me dises ça. Mais entre décembre et janvier, là non. Là j’avais dit : si on se fait éliminer en quart ou quoi, c’est déjà bien. L’effectif est cramé physiquement, tout ça. C’était un peu la blague qu’on se faisait.
Mais en fait je m’attendais pas à ce qu’on soit aussi forts, qu’on monte en puissance comme ça. Comment on peut encore être surpris de Luis Enrique ? Je comprends pas. Chaque année on va être surpris.
Le mec l’année dernière était au fond du trou, il nous a dit : « on va gagner tous les trophées ». Il nous a prévenus, il l’a fait. Arrêtons de le remettre en question. C’est juste dingue ».
Est-ce que Luis Enrique, c’est le monsieur que tu mets en avant dans ce Paris Saint-Germain ?
« Pour moi, le numéro 1 c’est Luis Enrique, le numéro 2 c’est Luis Campos. Et je pense que du second, on n’en parle pas assez. C’est le meilleur directeur sportif du monde pour moi. Il a fait des erreurs sur des profils, et j’ai toujours trouvé qu’on était très sévère avec lui. Que ce soit à Monaco, à Lille, à Paris, même à l’époque de Mourinho, il aide aussi le Real Madrid. La carrière parle pour lui.
Et pour moi, dans le football moderne, les trois piliers, c’est l’esprit collectif d’une équipe, la symbiose entre le directeur sportif et la troisième chose, c’est qu’il faut toujours des joueurs de classe mondiale. C’est assez fou ce qu’ils ont réussi à créer. Je sais pas si c’est parce qu’ils ont le même prénom les deux, peut-être qu’ils passent du temps ensemble en dehors, je sais pas.
Donc oui, clairement : numéro 1 Enrique, numéro 2 Luis Campos, numéro 3 les joueurs ».
Et comment tu vois Arsenal maintenant ? Et est-ce que le PSG doit se méfier ?
« Arsenal, je les voyais en début de saison comme favoris pour la Ligue des Champions. Je les voyais gagner la Premier League et aller très loin, potentiellement en finale de Ligue des Champions. Par contre, moi qui ai regardé énormément de matchs, au fil de la saison, ça a vraiment perdu en qualité footballistique. Entre août et octobre ils font très peur, et après c’est plus compliqué.
Forcément, on les appelle le “corner FC”, c’est pas pour rien récemment. Ça reste leur arme favorite. Et nous, ça a longtemps été notre faiblesse. Jusqu’à l’année dernière.
Mais ça, c’est le danger numéro 1. L’autre danger, c’est qu’ils n’ont pas besoin de dominer pour gagner un match. Ils peuvent nous endormir un peu, avec un faux rythme, défendre, attendre. Avec Declan Rice au milieu, un peu en chien fou, très fort à la récupération, et aussi sur les longues transversales. Donc ça, c’est leurs armes ».
le corner FC me fait peur sur cet exercice je l’avoue
— BR10 ⚽️ (@br10ytb) May 18, 2026
Est-ce que le PSG peut contrer ce potentiel bloc bas ?
« Pour moi, ce n’est pas tant ce que le PSG va faire contre Arsenal, c’est plutôt ce qu’Arsenal va réussir à faire contre nous. Arsenal, ils sont un peu en outsider, en trouble-fête. C’est leur première finale depuis 2006 et j’ai tendance à dire qu’un groupe ne gagne jamais sa première finale, ou en tout cas c’est très rare.
City a perdu sa première contre Chelsea. Le PSG a perdu la première contre le Bayern. Arsenal… est-ce que c’est vraiment leur première du nouveau cycle Arteta ? Peut-être.
Mais en tout cas tous les signaux sont au vert pour nous. Je pense qu’ils nous voient comme la meilleure équipe du monde. Est-ce qu’on va gagner 5-0 ? Je sais pas. Peut-être 6-0… (rires). Je pense qu’il y aura plus de suspense que l’année dernière. Ça va être serré. Soit on la gagne, soit on la perd, mais serré ».
Comment tu interprètes ce que dit Luis Enrique sur le fait que gagner une deuxième Ligue des Champions serait presque plus historique que la première ?
« C’est encore plus beau et ça souligne tout. Déjà, je pense qu’il le pense vraiment. Mais en plus il est obligé de le dire. Parce qu’il faut garder les joueurs dans le même état que l’année dernière. Le groupe a très peu changé.
Il est obligé de faire ce travail de communication. Tout ce qu’il dit en conférence de presse, les joueurs, les agents, les familles le voient. Et je suis d’accord avec lui. Mais moi je ne suis plus dans la même mentalité que l’année dernière. L’année dernière c’était la fin du rêve. Là on l’a déjà fait. Maintenant je veux la troisième, la quatrième… marquer l’histoire. On devient un peu des pourris gâtés comme le Real Madrid ».
Dernière question : ton prono ?
« On est à plus d’une semaine de la finale, donc faut pas que je change. Je vais dire… match très serré. J’ai envie que ce soit serré, qu’on se chie dessus jusqu’à la fin.
Je vais dire 2-1.
But d’un remplaçant en deuxième mi-temps. Homme du match : Vitinha ou Pacho. Et but de la victoire… j’ai envie que ce soit Désiré Doué. Le 2-1 ».