Luis Enrique face à Lens
Entre les Bleus de Didier Deschamps et le PSG de Luis Enrique, les similitudes tactiques se multiplient, au point de faire de l’entraîneur espagnol une source d’inspiration majeure de l’équipe de France.
La France est la troisième équipe, après le Brésil et l’Allemagne, à atteindre trois demi-finales consécutives de Coupe du monde. Au cours de cette compétition, les Bleus ont affiché un visage bien plus offensif, loin du jeu de conservation qui avait parfois caractérisé leur Euro 2024. Avec leurs immenses qualités en attaque, les hommes de Didier Deschamps écrasent tout sur leur passage, en adoptant un style de jeu qui ne sera pas inconnu des supporters parisiens.
Demain, la France affrontera l’Espagne. Mais si elle en est arrivée là, c’est peut-être en partie grâce… à un Espagnol. Et pas n’importe lequel : l’ancien sélectionneur de la Roja, Luis Enrique. Selon L’Équipe, les Bleus et leur staff s’inspireraient de plusieurs principes de jeu développés par le coach du Paris Saint-Germain.
Luis Enrique, un entraîneur hors pair
De nombreux observateurs ont relevé plusieurs similitudes tactiques. Les corners, souvent joués à deux comme au PSG, le pressing de haute intensité, véritable marque de fabrique de Luis Enrique, mais aussi ces dégagements volontaires en touche dès l’engagement adverse, devenus presque une signature parisienne. Une séquence qui rappelle inévitablement les commentaires devenus cultes : « Et Vitinha qui dégage ce ballon en touche », répétés tout au long de la saison.
D’autres principes, comme la protection du point de penalty sur les coups de pied arrêtés, sont également utilisés, même s’ils ne sont pas propres à l’équipe de France. On l’a notamment vu avec la Belgique face au Sénégal, lorsque Romelu Lukaku bloque les défenseurs adverses pour permettre à Youri Tielemans de surgir discrètement et de frapper.
Et si cet ADN est aussi présent chez les Bleus, c’est aussi parce que cinq joueurs connaissent parfaitement les méthodes de Luis Enrique. Bradley Barcola, Désiré Doué, Ousmane Dembélé, Warren Zaïre-Emery et Lucas Hernandez sont les disciples de l’entraîneur asturien, avec qui ils viennent de remporter deux Ligues des champions consécutives.
« Je le dis ouvertement, je pense que nous allons tout gagner. »
Critiqué dès son arrivée à Paris, aussi bien par une partie des médias que par certains supporters – la rancœur de la Remontada n’y étant certainement pas étrangère – Luis Enrique a pourtant imposé, avec patience, sa mentalité et sa philosophie au club parisien.
Alors qu’il essuyait une pluie, voire plusieurs averses de critiques, pointant les résultats jugés insuffisants, l’Espagnol n’a jamais laissé le doute s’installer. Fidèle à ses convictions, il a continué à développer son football, convaincu que le temps finirait par lui donner raison.
Le 5 octobre 2024, il déclarait avec une assurance qui avait fait sourire certains :
« Je le dis ouvertement, je pense que nous allons tout gagner. C’est mon objectif et c’est pour cela que je me lève tous les matins. »
Quelques mois plus tard, ces mots résonnent presque comme une prophétie.
Auteur d’un sextuplé historique, une performance qui n’avait plus été réalisée depuis le FC Barcelone en 2009 puis le Bayern Munich en 2020, Luis Enrique possède une vision du football qui lui est propre… ou presque.
Des racines néerlandaises
Lui-même héritier d’un FC Barcelone encore profondément marqué par le passage de Johan Cruyff dans les années 1990, véritable précurseur du football moderne, Luis Enrique s’inscrit dans cette lignée. Comme son frère de pensée, Pep Guardiola, ancien coéquipier en club et en sélection, il s’inspire de l’héritage du Néerlandais tout en y apportant sa propre identité.
En 2015 déjà, Lucho avait conquis l’Europe avec le FC Barcelone porté par la légendaire MSN (Messi, Neymar, Suárez). Si cette équipe était déjà exceptionnelle, il avait su la transformer en une véritable machine de guerre grâce à ses idées, son exigence et une pointe de folie qui lui est propre. Sa plus grande force ? Faire passer le collectif avant tout.
L’Espagnol accorde une confiance immense à ses joueurs, et cette confiance finit souvent par révéler leur plein potentiel. Ousmane Dembélé, devenu Ballon d’Or sous ses ordres, en est probablement le meilleur exemple.
Mais c’est peut-être Vitinha qui résume le mieux l’impact de son entraîneur :
« Il m’a amené un autre niveau de jeu. Un niveau que je ne pensais pas, à l’époque, pouvoir atteindre. J’avais peu de confiance, je n’étais pas bien à ce moment-là, j’essayais tout le temps de donner mon maximum, mais je n’étais pas bien. Il m’a beaucoup aidé. » Confiait le milieu portugais dans les coulisses d’ICI Paris, en octobre 2025.
L’Espagne au pouvoir
Comme Guardiola, Luis Enrique voue un véritable culte au pressing, pierre angulaire de son football. Une philosophie que Thierry Henry résumait parfaitement en évoquant son ancien entraîneur catalan :
« Pep est le seul entraîneur qui a rendu le pressing agréable pour moi. »
L’Asturien incarne cette école espagnole des grands tacticiens. Une génération d’entraîneurs capables de repousser les limites du jeu, à l’image de Pep Guardiola, de Mikel Arteta ou encore d’Unai Emery, autre ancien entraîneur du PSG, détenteur du record absolu avec cinq Ligues Europa remportées.
S’inspirer des principes de Luis Enrique n’a donc rien d’un hasard. C’est avant tout la reconnaissance du travail d’un entraîneur qui s’est imposé parmi les plus grands de son époque.
L’Equipe de France 🇫🇷 aurait adopté plusieurs principes de jeu de Luis Enrique et du PSG pour ce mondial. ❤️💙
Le pressing, les corners, et les dégagements lors des coups d’envoi sont notamment concernés.
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— Le Meilleur du PSG (@LMDPSG) July 12, 2026