Cela faisait 20 jours que la commission planchait et la dĂ©cision Ă©tait attendue avec impatience. Un communiquĂ© du club est aussitĂŽt tombĂ© : «Tout en condamnant Ă nouveau cette banderole, le Paris Saint-Germain se dĂ©clare profondĂ©ment choquĂ© par le principe mĂȘme de cette sanction qui occulte la rĂ©alitĂ© des responsabilitĂ©s dans cette affaire.» Le PSG a laissĂ© entendre qu'il utiliserait tous les recours pour contester cette dĂ©cision. MĂȘme s'il Ă©chappe Ă la pire des sanctions dans sa situation de relĂ©gable -le retrait de points- le club devrait faire appel devant la Commission supĂ©rieure d'appel de la FĂ©dĂ©ration (FFF).
Bastia fulmine
Un autre club est en colÚre mais pour des raisons diamétralement opposées. «åa ne me fait plus rire du tout. Enlever des points pour tout le monde, oui. Malheureusement, ce n'est que pour Bastia», a déploré Pierre-Paul Antonetti, le président du directoire du club de Ligue 2. Bastia avait été condamné le 18 avril à deux points de pénalité au classement, non par la commission de discipline de la Ligue, mais par la Commission supérieure d'appel de la Fédération (FFF) aprÚs le déploiement par des supporters corses de la banderole «Kébé, on n'est pas racistes. La preuve, on t'encule», lors du match Bastia-Libourne/Saint-Seurin, le 22 février.
Le club corse avait dĂ©jĂ Ă©tĂ© sanctionnĂ© d'un point de pĂ©nalitĂ© lors du match aller entre les deux formations, en Gironde le 14 septembre dernier car ses supporters avaient insultĂ© le mĂȘme joueur. Dans une autre affaire, les injures racistes dont a Ă©tĂ© victime le Valenciennois, Abdeslam Ouaddou, face Ă Metz, le club lorrain avait pris un point de suspension avant que la Ligue n'annule la sanction.
Satisfaction de la Licra
Du cĂŽtĂ© de la LFP, on s'est au contraire rĂ©joui. «La dĂ©cision est trĂšs lourde, extrĂȘmement pĂ©nalisante pour le club qui ne pourra pas dĂ©fendre son titre, perd une chance pour la Coupe de l'UEFA et des rentrĂ©es financiĂšres substantielles: l'exclusion est tout sauf anodine», a expliquĂ© Jean-Pierre Hugues, directeur gĂ©nĂ©ral de la LFP. «Chaque cas est spĂ©cifique», a-t-il prĂ©cisĂ© concernant la comparaison avec les affaires prĂ©cĂ©dentes ayant concernĂ© Bastia. La LFP avait fait appel de la dĂ©cision de sa commission de discipline dans l'affaire de la banderole de Bastia alors qu'elle ne devrait pas le faire dans le cas du PSG.
MĂȘme analyse du cĂŽtĂ© de la Ligue contre le racisme et l'antisĂ©mitisme (Licra). «Nous sommes satisfaits. C'est une mesure qui n'avait pas encore Ă©tĂ© prise. On n'avait connu jusque-lĂ que des retraits de points et des matches Ă huis clos», a estimĂ© Carine Bloch, vice-prĂ©sidente de la Ligue. «åa complĂšte les sanctions prises Ă l'encontre de leurs supporters avec la dissolution des Boulogne Boys et des poursuites pĂ©nales individuelles.» Nous rappelons que LMDPSG soutient la LICRA puisqu'il est depuis peu l'un des partenaires parisien de cette noble association.