Le trio Butler Capital Partners, Colony Capital et Morgan Stanley a décidé un remaniement de son pacte d'actionnaires. L'opération s'est finalisée hier dans la soirée. La vie du PSG est toujours aussi tourmentée.
EN EXCLUSIVITð, l'un des principaux actionnaires du club parisien, Walter Butler nous révÚle qu'il ne conserve qu'environ 5 % du capital et cÚde environ 28 % de ses parts à Colony Capital.
Pourquoi avoir pris la décision de céder une partie de vos parts à Colony Capital ? Walter Butler.
Nous avons décidé, d'un commun accord entre actionnaires, une évolution du capital. Ainsi je vends l'essentiel de ma participation à Colony Capital et je conserve 5 %. Je reste administrateur.
De quand date cette décision ?
Colony a eu l'idée et a souhaité qu'un actionnaire majoritaire se détache, que ce soit eux ou nous. J'ai été contacté fin décembre et les choses se sont réglées trÚs vite, au début de cette année.
Pourquoi vous désengagez-vous ?
ĂĄa pouvait aussi bien ĂȘtre nous que Colony. On pouvait ne pas accepter et c'Ă©tait le statu quo. A terme, les relations auraient pu se compliquer entre les actionnaires. DeuxiĂšmement, je ne me voyais pas prendre la majoritĂ© alors qu'il y a un an et demi, j'avais refusĂ© d'acheter la totalitĂ© du club. Enfin, Colony pouvait aussi prendre cette dĂ©cision, mais comme c'est elle qui a montĂ© le dossier au dĂ©part, c'Ă©tait plus logique.
« Je n'ai pas été complÚtement satisfait de la politique menée »
Avez-vous des regrets ?
Aucun. Je suis content d'avoir investi dans le PSG, c'est une bonne expérience et elle continue.
Que répondez-vous à ceux qui ont dit que vous freiniez le développement du club ?
On ne pouvait rien faire sans mon aval mais je ne me suis jamais opposĂ© Ă ce qui m'a Ă©tĂ© soumis, mĂȘme si toutes les orientations ne me convenaient pas. Depuis que je suis au club, Butler Capital a toujours Ă©tĂ© prĂ©sent. Sur les deux saisons, c'est-Ă -dire en comptant celle-lĂ , jusqu'au 30 juin 2008, les trois actionnaires ont investi environ 50 MÂŹ pour financer les dĂ©ficits, les recrutements et le centre d'entraĂźnement. Et encore rĂ©cemment, fin 2007.
Y avait-il une incompatibilité entre vous et le président Cayzac ?
On peut prĂ©fĂ©rer des personnalitĂ©s Ă d'autres. Moi, je souhaitais une rupture plus profonde car en faisant Ă peu prĂšs la mĂȘme chose qu'avant on va avoir les mĂȘmes rĂ©sultats. Je n'ai pas Ă©tĂ© complĂštement satisfait de la politique menĂ©e mais je n'ai jamais souhaitĂ© son dĂ©part.
Et avec Sébastien Bazin ?
Aucunement, mĂȘme si on a des personnalitĂ©s diffĂ©rentes. Nous avons de trĂšs bonnes relations. Si ça c'Ă©tait mal passĂ©, j'aurais rachetĂ© le club ou claquĂ© la porte. Je n'aurais pas gardĂ© 5 % du PSG et je ne serais pas restĂ© au conseil.
Quelle politique auriez-vous aimé voir menée au club ?
Moi, je suis partisan d'une rupture plus forte et plus rapide avec l'Úre Canal +. Je souhaitais des investissements massifs pour la détection de jeunes talents et pour améliorer l'efficacité de notre recrutement et renforcer le secteur sportif. Aujourd'hui, il n'y a plus qu'un club qui perd de l'argent, c'est le PSG. Nous n'avons pas été capable de détecter des jeunes à fort potentiel de plus-value alors que l'Ile-de-France est un gisement de pétrole. Par exemple, Lyon a dégagé ces derniÚres saisons plus de 150 M de plus-value sur la vente de ses joueurs. Il n'y a pas ça au PSG.
Quelle est aujourd'hui votre position au sein du nouveau pacte d'actionnaires ?
Je reste actionnaire mĂȘme si j'aurai moins de poids. Le jour oĂč Colony s'en ira et dĂ©cidera de vendre, je serai prioritaire pour racheter ses parts.
« Dimanche je serai au Parc contre Lens »
Le fait que vous vous dĂ©sengagiez alors que le club connaĂźt de graves soucis pourrait ĂȘtre mal interprĂ©tĂ©…
Je vous le redis, je ne voulais pas, au départ, vendre mes parts. Ce fut une décision pénible à prendre car j'aime le foot et le club. Mais je ne veux pas que quelqu'un puisse dire qu'à cause de moi on a des mauvais résultats. Je suis persuadé que le PSG va se redresser et connaßtre une bien meilleure seconde partie de saison. Il va remonter au classement pour finir dans la premiÚre partie du classement. J'en suis certain. Et Paul le Guen est l'homme de la situation.
Serez-vous toujours aussi présent aux matchs ?
Bien sĂ»r, dimanche je serai au Parc contre Lens. Et je continuerai Ă aller aux matchs et en dĂ©placements avec l'Ă©quipe. Ce que je n'apprĂ©hendais pas en achetant le PSG c'est l'anxiĂ©tĂ© que peut ressentir un dirigeant ou un actionnaire. A chaque fois que l'on prend un but, j'ai l'impression d'aller moi-mĂȘme chercher le ballon au fond des filets. C'est un coup en plein coeur.
Combien vous rapporte cette opération ?
L'opération est satisfaisante pour nous sur le plan financier.