Mickaël Landreau, le gardien du PSG, pense que le calendrier à venir sera moins contraignant pour des parisiens fatigués.
Samedi soir, MickaĂ«l Landreau nÂest pas rentrĂ© Ă Paris. Il est restĂ© dans le Morbihan, Ă Vannes, oĂč vit Nicolas Savinaud, lÂun de ses meilleurs amis. Le gardien du PSG (30 ans) reprendra lÂentraĂźnement demain matin. « CÂest agrĂ©able de couper », nous a-t-il concĂ©dĂ© hier aprĂšs-midi, quelques minutes avant de prendre le TGV. Excellent depuis le dĂ©but de saison et imbattable face Ă Lorient (1-0), avec notamment un penalty dĂ©tournĂ© Ă dix minutes du coup de sifflet final, il savoure mais ne perd pas la raison. Il connaĂźt le calendrier et lÂĂ©tat de fatigue du groupe. Il refuse de penser au titre mĂȘme si son club se trouve Ă un point de Lyon.
Lyon a perdu face Ă Lille (2-0). Le Paris-SG nÂest plus quÂĂ un point. La course au titre est-elle vraiment relancĂ©e ?
JÂaurais prĂ©fĂ©rĂ© un match nul.
Pourquoi ?
Lille est une Ă©quipe en forme, trĂšs dure Ă jouer. CÂest un candidat sĂ©rieux.
Au titre ?
Non, comme nous, aux quatre premiĂšres places du Championnat.
Paul Le Guen estimait samedi soir que Lyon était encore bien plus fort que le PSG. Partagez-vous cet avis ?
Oui. Lyon possĂšde une incroyable expĂ©rience, sait comment aborder les rencontres dĂ©cisives. Lyon connaĂźt un peu plus de difficultĂ©s cette saison mais est toujours leader. Mais on ne dit pas que cÂest fini. On va se battre.
Pourquoi ne parlez-vous pas de titre ?
Le Championnat est encore trĂšs long. On a des dĂ©placements compliquĂ©s. On va aller Ă Toulouse, Lille, Lyon. Dimanche prochain, on reçoit Marseille. Ce serait dĂ©jĂ trĂšs bien dÂachever la saison dans les quatre premiers et encore mieux de se qualifier pour la Ligue des champions. LÂimportant, cÂest de continuer Ă gagner, de conserver cette incroyable dynamique. Ce qui serait sympa, cÂest dÂarriver Ă Gerland avec ce mĂȘme Ă©cart. On en saura plus aprĂšs Toulouse (le 22 mars).
« On ne me pardonne rien »
QuÂest-ce qui vous plaĂźt aujourdÂhui au PSG ?
LÂĂ©tat dÂesprit, la volontĂ© de vaincre, de rester concentrĂ©s malgrĂ© tout ce qui a pu se passer Ă lÂextĂ©rieur. On sait ce quÂon veut. Il y a une vraie force collective et je ne suis pas dÂaccord quand je lis que lÂĂ©quipe est parfois sauvĂ©e par des individualitĂ©s. Ces individualitĂ©s sont aujourdÂhui au top parce que le collectif est trĂšs performant.
On sent certains joueurs épuisésŠ
CÂest vrai, mais je crois que le plus dur est passĂ©. LĂ , on avait une semaine avec des matches tous les trois jours. CÂest fini. On a jouĂ© samedi et on rejoue jeudi contre Braga. Il faut bien rĂ©cupĂ©rer. Des joueurs frais vont revenir.
Vous avez gagné le titre de champion avec Nantes (2001). Parvenez-vous à déceler des similitudes entre les deux groupes ?
Dans sa carriĂšre, on essaie toujours de se rappeler des expĂ©riences passĂ©es, soit pour se rassurer, soit pour sÂaccrocher Ă un objectif. LÂhistoire est diffĂ©rente.
NÂest-ce pas la saison la plus aboutie de votre carriĂšre ?
Je nÂaime pas quÂon dise ça alors quÂil reste une dizaine de matches de Championnat Ă disputer. Je ne suis pas dÂaccord. Un gardien, on le juge Ă la fin. JÂai dĂ©jĂ vĂ©cu de trĂšs belles annĂ©es, quand jÂai dĂ©butĂ© ma carriĂšre, quand jÂai remportĂ© le titre. Il faut attendre.
Les gens sont impressionnĂ©s par votre force mentale, par ce que vous ĂȘtes capables de rĂ©aliser aprĂšs ce que vous avez vĂ©cu cet Ă©tĂ© Ă Tignes.
Chaque jour, je construis ma carriĂšre. JÂai connu des moments difficiles. Cette histoire avec lÂĂ©quipe de France en est une. Elle ne mÂa pas accablĂ©. Je lÂai encaissĂ©e. Il y en aura peut-ĂȘtre dÂautres. Depuis mes dĂ©buts, on ne me pardonne rien. JÂoccupe un poste exposĂ© dans un club exposĂ©. ĂŹ Nantes, jÂai eu des responsabilitĂ©s, jÂai Ă©tĂ© capitaine. On est trĂšs exigeant avec moi. On nÂaccepte aucune erreur. JÂai lÂimpression que tout ce que je fais de bien est normalŠ Je ne serai jamais protĂ©gĂ©.
Pourquoi cette exigence ?
Mon caractÚre, ma précocité. Je ne sais pas trop.
Que ferez-vous la saison prochaine ?
Aucune idée. Je ne suis absolument pas pressé. De toute façon, il me reste une année de contrat.
Ă tes-vous agacĂ© dÂentendre que votre avenir est liĂ© Ă celui de Paul Le Guen ?
Absolument pas. ĂĄa ne me dĂ©range pas, car cÂest quelquÂun que jÂapprĂ©cie. Cela ne perturbe pas la vie du groupe et cÂest aussi trĂšs loin de la vĂ©ritĂ©.